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Guinée équatoriale : LIRE : Colonisation, néocolonisation, démocratisation, corruption, à l’aune de la Guinée équatoriale

(mis en ligne le 1er mai 2003)

Max Liniger-Goumaz
Colonisation, néocolonisation, démocratisation, corruption, à l’aune de la Guinée équatoriale
Les éditions du Temps, Genève, 2003.

L’auteur actualise sa description-dénonciation érudite et inlassable de la sordide dictature équato-guinéenne, désormais confite en pétrole. Parmi les chapitres les plus instructifs, signalons les 6 et 9 sur les pavillons de complaisance et les dernières exactions du régime. L’État de Teodoro Obiang Nguema immatricule volontiers des navires convoyeurs de drogue ou les avions-cargos du célèbre trafiquant d’armes Victor Bout - avec le concours du consultant français Laurent de Arnès. Pour écumer le thon au-delà des quotas, 56 navires thoniers se sont immatriculés en Guinée équatoriale.

Le régime ne se prive pas de torturer et éliminer impunément. Mais il a un faible pour les « exécutions lentes », en privant les prisonniers d’eau ou de soins, ou les plaçant dans des conditions infra-humaines. Cela ne l’empêche pas d’être choyé par les États-Unis, principaux bénéficiaires de son pétrole, et par la France, qui en a une petite part et poursuit son assistance policière - tandis que le Maroc fournit une garde prétorienne. Intégré à la zone franc d’Afrique centrale, l’espèce de Koweït équato-guinéen contribue aussi à en améliorer les comptes. Et Obiang Nguema se sent moins marginalisé face aux Sassou, Déby, Bongo, Biya que devant les présidents élus du Ghana ou du Nigeria.

Cet article a été publié dans Billets d’Afrique 114 - Mai 2003
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