Survie

Printemps en Centrafrique ?

(mis en ligne le 1er mai 2003)

Pour une fois, le scénario pessimiste semble déjoué dans un pays d’Afrique centrale. Le putsch du général Bozizé, c’est confirmé, a été le fruit d’un complot typiquement françafricain. Idriss Déby, le complice le plus visible, est tout sauf une référence en matière de « bonne gouvernance ». Aussi n’espérait-on pas grand chose du nouveau régime.

Or François Bozizé (bien conseillé ?) a très vite enchaîné les bonnes décisions. Il a choisi comme Premier ministre le plus respecté des hommes politiques centrafricains, Abel Goumba, bénéficiant ainsi de l’aura internationale de ce dernier et de sa réputation d’incorruptibilité. Il a nommé un gouvernement d’union nationale, évité la chasse aux sorcières, rétabli l’ordre à Bangui avec l’aide des soldats de l’organisation régionale (la CEMAC), plus 500 Tchadiens - une armée que l’on a connue moins disciplinée.

Il promet de relancer le Dialogue national, de mettre en place des institutions démocratiques, et se rêve en Ahmadou Toumani Touré (le général malien qui fit sortir son pays de la dictature). Il y a pire comme modèle. Pourvu que ça dure, vu le chaos où a été plongé le pays ! Le long “règne” de Patassé sert utilement de repoussoir.

Touchons du bois, comme on dit. À ce propos, Bozizé a même remis en question les contrats douteux des exploitants forestiers. Il a vite rétabli les autorisations des plus importants d’entre eux : : interrompre le pillage des forêts d’Afrique centrale est un travail d’Hercule pour lequel Bozizé n’est sans doute pas encore musclé.

Cet article a été publié dans Billets d’Afrique 114 - Mai 2003
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