Survie

Congo-Kinshasa : Soldats français en Ituri ?

(mis en ligne le 1er juin 2003)

La situation au Congo-Kinshasa est toujours aussi complexe et contradictoire, avec ses poussées d’horreur. La riche région de l’Ituri, au nord-est, en est spécialement victime (cf. Billets n° 114). Les “stratèges” ougandais, rwandais et congolais (surtout les premiers) y ont nourri, attisé les tensions ethniques. Notamment entre Hemas et Lendus, incités à se prendre pour des Tutsis et des Hutus. Au point que l’on commence à assister à des actes de génocide.

Le Secrétaire général de l’ONU Kofi Annan cherche partout des troupes capables de prévenir la propagation des massacres. La France a proposé entre 500 et 700 hommes. Beaucoup craignent qu’elle ne revienne poursuivre ses jeux troubles dans les Grands Lacs, voire reprendre en faveur des Lendus sa logique ethniste abominable de 1994, qui la rendit complice des génocidaires.

Comme il n’existe pas beaucoup de ressources militaires susceptibles de satisfaire la demande de Kofi Annan, et que l’on ne peut laisser massacrer au présent au nom du passé, il convient de se pencher sur les conditions émises par le Quai d’Orsay à l’envoi d’un bataillon français. Elles paraissent prudentes : disposer d’un mandat adéquat de l’ONU ; ne pas y aller seuls, mais si possible dans une composition « équilibrée » (avec les Anglais ?) ; obtenir l’accord de l’Ouganda et du Rwanda.

Seul le second fait problème. Mais il se pourrait que Kigali ressente le besoin de passer des deals avec Paris. La question posée par cet envoi de troupes françaises pourrait en être l’occasion. Si c’est pour sauver des vies, puis avancer vers la paix... Nous serons en tout cas extrêmement vigilants.

Cet article a été publié dans Billets d’Afrique 115 - Juin 2003
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