Survie

Madagascar : Incertitudes malgaches

(mis en ligne le 1er juin 2003)

Le voyage officiel du président Marc Ravalomanana à Paris et sa réception à l’Élysée ont donné l’impression d’une page tournée (l’ancien Monsieur Afrique de Jacques Chirac, Michel Dupuch, était prêt à tout pour maintenir au pouvoir le dictateur Ratsiraka contre le vainqueur réel du scrutin présidentiel de fin 2001). Paris tient surtout à ce que les entreprises françaises soient « bien traitées », c’est-à-dire conservent au moins une partie de leurs privilèges. Et puis, on annonce du pétrole au large de la Grande Île...

C’est rarement une bonne nouvelle. Est-ce la perspective de ce pactole qui, déjà, réveille les exceptionnels talents de division des politiciens malgaches ? Ou leurs seules ambitions ? Ou les valises à billets de l’ex-dictateur milliardaire (dont la France abrite la capacité de nuisance, en cas de besoin) ?

Le peuple malgache aspire à se remettre des six mois de crise de 2002. Il considère sans doute que l’on peut bien attendre quatre ans et les prochaines échéances électorales avant d’enflammer de nouveau les appétits de pouvoir. D’autant que, pour la première fois, des mesures au profit des plus pauvres semblent leur bénéficier réellement, telles ces rémunérations versées pour la réfection des pistes. Il y a aussi un projet d’école gratuite.

La gestion paradoxale de Ravalomanana laisse parfois perplexe, mais elle surmonte assez de mauvaises passes pour mériter de durer un peu - le temps d’en faire un bilan. Il n’est pas certain qu’on lui laisse ce temps, tant elle dérange de mauvaises habitudes (dont la corruption massive dans la justice et la presse), de rentes de situation et d’anciens privilèges.

Cet article a été publié dans Billets d’Afrique 115 - Juin 2003
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