Survie

Angola : LIRE : Les affaires sous la guerre , Armes , pétrole & argent sale en Angola

(mis en ligne le 1er juillet 2003)

Global Witness

Les affaires sous la guerre
Armes, pétrole & argent sale en Angola

Dossier noir n° 18 d’Agir ici et Survie
Agone, 2003, 232 p., 11 € franco à Survie

Avec l’éditeur Agone, Agir ici et Survie ont estimé nécessaire que le public puisse disposer d’une adaptation française du célèbre rapport de l’ONG britannique Global Witness, All the Presidents’Men. The devastating story of oil and banking in Angola’s privatised war (Tous les hommes des Présidents. L’histoire dévastatrice du pétrole et de la banque dans la guerre privatisée en Angola). La voici.

Creusant sous l’Angolagate, Global Witness est arrivée à la conclusion qu’il ne représente qu’« une petite partie d’un scandale international beaucoup plus vaste impliquant des acteurs majeurs de la politique et des affaires internationales ». « Il s’agit de la privatisation de la guerre en Angola et d’un système de pillage des fonds publics dont l’échelle rivalise avec celle des détournements de Mobutu et d’Abacha », au Zaïre et au Nigeria.

Parmi ces acteurs majeurs, il y a Chirac, Bush, Poutine..., les majors pétrolières (anglo-saxonnes et française) et de très grandes banques. Le tandem Falcone-Gaydamak couvre un large éventail de raisons d’État embarbouzées et semi-privatisées : aux États-Unis, en Grande-Bretagne, en France, en Russie, en Israël...

Ainsi, Falcone a adressé à G. W. Bush le plus gros chèque de sa campagne (à égalité avec le PDG d’Enron), il a acquis la plus chère résidence de l’Arizona, il a conseillé des pétroliers US... tandis que son parrain Pasqua nous expliquait que l’Angolagate était une guerre franco-américaine !

Ce rapport a été l’un des fondements du lancement, par Global Witness, de la campagne mondiale Publish What You Pay (PWYP, Publiez ce que vous payez), à laquelle ont adhéré un grand nombre d’ONG. Il s’agit d’exiger des compagnies pétrolières et minières qu’elles publient l’intégralité des sommes versées aux États propriétaires, de sorte que cet argent finance réellement les dépenses publiques - et non les comptes offshore. Surprise : BP a accepté.

En Angola, au moins 1 milliard de dollars s’évanouissent chaque année. Porte-parole de la pétrodictature locale, la compagnie pétrolière Sonangol (à qui les banques françaises viennent encore de ménager un prêt gagé de 1,15 milliard de dollars) s’est indignée dans un courrier de ce que BP participe à « une campagne [...] appelant à une “pseudo-transparence” ». La Sonangol a menacé BP des pires représailles, agitant « les clauses de [...] rupture du contrat. [...] Cela vaut aussi si vous reproduisiez de telles pratiques dans le futur. »

On le voit, PWYP menace d’énormes appétits. Naturellement, Global Witness a été, avec Survie, l’une des premières ONG signataires de la Déclaration de Paris contre la grande corruption, lancée le 19 juin à l’initiative d’Éva Joly.

Cet article a été publié dans Billets d’Afrique 116 - Juillet Août 2003
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