Survie

Touche pas à mon despote !

(mis en ligne le 1er juillet 2003)

Parmi les observateurs courtisans pilotés par l’Élysée, le cas de Fodé Sylla, président international de SOS-Racisme (cf. Billets n° 115), ne s’arrange pas. Certes, il dément l’extrait de lettre publié par Le Monde, où le Monsieur Afrique élyséen, Michel de Bonnecorse, le « remercie » d’avoir accepté cette observation-caution opportune. Mais si son honneur est atteint, Fodé Sylla peut porter plainte en diffamation : cela obligerait le quotidien à produire la missive.

Il avait une autre façon de sauver l’honneur : dénoncer le truquage et la fraude. Au lieu de quoi, il s’est rendu à Brazzaville chez un autre dinosaure chiracophile, le dictateur congolais Denis Sassou Nguesso. Selon Le Monde (07/06), Fodé Sylla y aurait assuré que le Togo s’était engagé vers la démocratie - soutenu en cela par un autre parlementaire européen, Michel-Ange Scarbonchi. Les deux hommes appartiennent au groupe de la Gauche unitaire européenne (communistes et apparentés), qui a financé le voyage de Fodé Sylla !

Ce dernier a aussi mis en doute la crédibilité de Yannick Bigah, président de l’Action des chrétiens contre la torture (ACAT-Togo), qui a eu le courage de rédiger un rapport sur les exactions des forces de sécurité. Selon Le Monde, le député européen s’est demandé si Bigah n’était pas un imposteur, « à la recherche d’un visa »... Fodé Sylla serait-il à la recherche d’une ambassade, voire du portefeuille de la Coopération ?

Cet article a été publié dans Billets d’Afrique 116 - Juillet Août 2003
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