Survie

Djibouti : Heureux élus

(mis en ligne le 1er janvier 2004) - François-Xavier Verschave

L’Agence djiboutienne d’information (ADI) nous apprend le 1er décembre que s’ouvre " un séminaire de formation de 4 jours sur le travail législatif à l’intention des parlementaires djiboutiens. Ce séminaire de renforcement des capacités des élus du peuple, qui est financé par le PNUD à hauteur de 150 000 dollars US, sera dispensé par deux éminents représentants de l’Assemblée Nationale française : M. Yves Coussain (député) et M. Bruno Bass (administrateur)."

Cent cinquante mille dollars pour huit journées d’intervention, cela fait un joli coussin de billets verts (15 000 euros par jour), et sans doute de belles commissions, observe le site de l’observatoire de la situation des droits de l’Homme à Djibouti (ARDHD). Mais il s’agit, selon l’ADI, "d’aider les parlementaires [djiboutiens] à connaître et utiliser les outils et mécanismes formels et informels du travail parlementaire". Va donc pour l’informel, même si cela ne renforcera pas la réputation de rigueur du Programme des Nations unies pour le Développement ! De toute façon, le Parlement djiboutien 100 % UMP (Union pour la majorité présidentielle, pro-Guelleh), fruit de la fraude électorale, ne peut que suivre l’exemple présidentiel : mettre le maximum d’argent dans les circuits “informels”. Quant au député français Yves Coussain, il voit sans doute récompensé son ralliement de l’UDF à l’UMP ! UMP ici, UMP là-bas, « France à fric » partout.

François-Xavier Verschave

Cet article a été publié dans Billets d’Afrique 121 - Janvier 2004
Les articles du mensuel sont mis en ligne avec du délai. Pour recevoir l'intégralité des articles publiés chaque mois, abonnez-vous
a lire aussi