Survie

Ils ont dit : Outre-mer : Jean-Louis BOURLANGES

(mis en ligne le 1er janvier 2004) - Pierre Caminade

"Ce dimanche, les habitants des Antilles vont être amenés à se prononcer par référendum sur un projet de réorganisation territoriale qui vise à mettre un terme à la superposition de la région et du département sur le même territoire. [... Je dirais d’abord que] c’est une réforme très importante ; c’est une réforme à la Corse qui est soutenue par les indépendantistes ainsi que par la plupart des partis politiques sans que l’Assemblée nationale n’ait été amenée à se prononcer autrement que [...] "pour avis". [... Ensuite,] la Guyane est exclue. Pourquoi ? [...]

Cerise sur le gâteau : François Bayrou ayant fait un déplacement aux Antilles pour participer à ce débat, Madame Brigitte Girardin, qui est ministre des Dom-Tom, s’est étonnée, s’est déclarée choquée, dans l’édition du Parisien de samedi dernier, que Monsieur Bayrou soit allé ainsi aux Antilles. Elle a dit : "C’est un peu comme si un Antillais se mêlait des institutions du Béarn". Je ne croyais pas, de ma vie, pouvoir entendre un ministre dire qu’un élu de la nation n’avait pas le droit de se rendre sur une partie du territoire de la République pour dire ce qu’il pense de l’organisation d’une Collectivité territoriale de la République. Ça c’est pour moi entièrement nouveau : qu’on oblige Monsieur Bayrou à se cantonner dans les affaires du Béarn [... qui,] Madame Girardin semble l’oublier, [...] n’est pas une Collectivité territoriale de la République. [...] Quand on voit tout cela, on a quand même le sentiment qu’il y a des démissions qui se perdent." Jean-Louis BOURLANGES, eurodéputé UDF, sur France Culture, L’esprit public, le 07/12/2003, 11h-12h.

Martiniquais et Guadeloupéens ont ensuite voté contre cette réorganisation, pour des raisons multiples et variées. Discrédité par cet échec, le gouvernement ne perd peut-être pas sur tous les tableaux... Le Comité de décolonisation de l’ONU sera bientôt dissous, alors que de nombreux indépendantistes des Dom envisageaient de tenter d’y faire inscrire leur territoire, pour rejoindre la Nouvelle-Calédonie sur la liste des pays à décoloniser. En interprétant ce projet comme une proposition rejetée de marche vers plus d’autonomie, la métropole confortera son discours sur “l’attachement des Domiens à la République”.

Pierre CAMINADE

Cet article a été publié dans Billets d’Afrique 121 - Janvier 2004
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