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Lire : Daniel Dommel, Face à la corruption, Peut-on l’accepter ? Peut-on la prévenir ? Peut-on la combattre ?

(mis en ligne le 1er janvier 2004) - Sophie Brondel

Daniel Dommel, Face à la corruption, Peut-on l’accepter ? Peut-on la prévenir ? Peut-on la combattre ?, Karthala, 2003, 287 pages.

Cet ouvrage de l’ancien président de la section française de Transparency International se veut un document de synthèse sur la corruption et les moyens d’y faire face. Il revient en filigrane sur le travail de Transparency, qui par la biais notamment de la publication annuelle de son Indice de perception de la corruption (IPC) a contribué à informer et sensibiliser le public sur ce fléau.

La synthèse des modes de prévention et de répression de la corruption intègre les différents cadres normatifs (national, régional et international) en dressant le paysage des instruments et structures chargés de lutter contre la corruption à tous les échelons. L’auteur met en perspective le rôle des différents acteurs : pouvoirs publics, milieux d’affaires, société civile. De cette présentation ressort l’idée que l’harmonisation des cadres normatifs est essentielle, mais que pour autant le “juridisme” serait un piège. Rien de pire qu’une opinion publique amorphe. L’importance du rôle de la société civile est ainsi constamment rappelée face au besoin impérieux de susciter un état d’esprit général qui refuse la corruption, seul véritable remède contre un phénomène qui va jusqu’à miner la démocratie et annihiler le développement. En France, la corruption est devenue un problème national en même temps qu’elle prenait une dimension nouvelle sur le plan mondial. En quelques décennies, l’opinion publique est passée de l’indifférence à une certaine indignation. Mais l’ouvrage vient rappeler qu’il y a encore beaucoup d’indulgence envers la corruption à laquelle des Français se livrent hors nos frontières nationales. Ce n’est qu’en 2000 que la corruption d’un agent public étranger est devenue un délit en droit français...

Aujourd’hui, il y a un réel changement discursif. Ceux qui, tels la Banque mondiale, refusaient il y a dix ans de s’impliquer dans un domaine jugé “trop politique” ont désormais intégré la lutte contre la corruption dans leurs programmes. Alors, assiste-t-on simplement à l’émergence d’un nouveau paradigme, au risque de tomber dans la rhétorique ? La volonté politique de lutter contre la corruption existe-t-elle vraiment ? L’ouvrage ne tranche pas ces questions, mais se veut un appel à poursuivre la lutte engagée contre la corruption en l’intégrant dans une politique d’ensemble, tant le chemin à accomplir reste long...

Sophie Brondel

Cet article a été publié dans Billets d’Afrique 121 - Janvier 2004
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