Survie

Cameroun : Ils Ont Dit... Françafrique

(mis en ligne le 1er juillet 2004) - Odile Tobner

" Le Syndicat National des Journalistes du Cameroun (SNJC) a appris avec la plus grande préoccupation la " série de refus " de visas d’entrée en France " pour des besoins professionnels ", opposée à M. Sam Séverin Ango, journaliste à la chaîne de télévision camerounaise Canal 2 International, rédacteur en chef du magazine de l’AFC (Association des footballeurs du Cameroun), membre du bureau du SNJC et secrétaire général de l’Association des journalistes sportifs du Cameroun (AJSC). [...]
Le SNJC s’insurge surtout du fait que les pires traitements des demandeurs de visas Schengen soient enregistrés dans les consulats de France, pays dont la (trop) lourde main coloniale au Cameroun se traduit encore aujourd’hui par le contrôle des principales ressources naturelles et de la monnaie. "
(Jean-Marc SOBOTH, président du SNJC, communiqué publié à Douala le 24 juin).

La politique des visas pratiquée en Afrique par la France, les grands pays européens et les USA provoque de plus en plus la colère des demandeurs. Les pays africains sont en fait des Bantoustans dont les habitants sont assignés à résidence. L’octroi des visas est, au mieux, une carotte réservée aux courtisans, au pire une prime accordée aux trafiquants. Il y a trente ans, les Occidentaux exigeaient la libre circulation des personnes du pouvoir soviétique, qui empêchait ses dissidents de sortir. Aujourd’hui, ils contraignent les jeunes et les intellectuels à demeurer sous la férule des kapos qui règnent dans leurs propres goulags. Vive la liberté !

Odile Tobner

Cet article a été publié dans Billets d’Afrique 127 - Juillet Août 2004
Les articles du mensuel sont mis en ligne avec du délai. Pour recevoir l'intégralité des articles publiés chaque mois, abonnez-vous
a lire aussi