Survie

A FLEUR DE PRESSE : Dictatures françafricaines

(mis en ligne le 1er novembre 2004)

L’intelligent, UE : la fin du purgatoire ? 10/10/2004 (François SOUDAN) : " La coopération active du gouvernement togolais dans le domaine de l’antiterrorisme et de la lutte contre les narcotrafiquants, si elle lui vaut les satisfecit d’Interpol, de la France et des États- Unis, semble laisser de marbre la très sourcilleuse Commission de l’Union européenne. Interrompue depuis onze ans, la reprise de l’aide est pourtant à l’ordre du jour, Lomé ayant [...] souscrit à un catalogue de vingt-deux engagements dont la mise en œuvre doit déboucher sur un accord de normalisation avec Bruxelles. [...] C’est dans le domaine de la liberté d’expression que les progrès sont les plus sensibles. [...] Le nouveau code de la presse [...] est l’un des plus libéraux du continent. [...]
Côté UE, les réponses à ces ouvertures se font avec une grande parcimonie. [...] Le versement du reliquat du FED (Fonds européen de développement), soit 40 millions d’euros, ne sera effectif qu’après la tenue "contrôlée" d’élections législatives anticipées, dont la date n’est pas encore fixée. Si les cinq millions de Togolais ont depuis une décennie appris à survivre avec les sanctions - et même un peu mieux que cela puisque ni l’État, ni l’administration, ni la sécurité ne se sont effondrés - le desserrage millimétré du carcan qui les étouffe, sous prétexte de "punir" leurs dirigeants, a, lui, quelque chose d’indécent. "

Ce qui est " indécent ", c’est la propagande interminable de Jeune Afrique/L’Intelligent (légataire de Foccart) et de François Soudan au service de leurs sponsors et amis les dictateurs françafricains (Biya, Ould Taya, Eyadéma, etc.). Il y a certes un nouveau code de la presse, mais maintenant la famille Eyadéma menace directement de mort les journalistes revendiquant " la liberté d’expression ", tel Dimas Dzikodo.

François Soudan ose se poser en avocat des " cinq millions de Togolais " (comme Chirac en " avocat de l’Afrique ") avec l’argument-massue, croit- il, de la survie de l’État, de l’administration et de la sécurité : c’est ce qu’il y a de plus résistant dans les dictatures, à voir la Corée du Nord, la Biélorussie, la Birmanie, etc. L’État-bandit prospère sur la souffrance et la ruine de son peuple. Mais cela indiffère Interpol, les États-Unis ou la France.

François-Xavier Verschave

Cet article a été publié dans Billets d’Afrique 130 - Novembre 2004
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