Survie

Cameroun : ILS ONT DIT... : Monsieur le président, Mon cher Paul,...

(mis en ligne le 1er novembre 2004)

"Monsieur le président, Mon cher Paul,

Au moment où vos concitoyens vous renouvellent leur confiance pour un cinquième mandat à la présidence de la République du Cameroun, je tiens à vous adresser mes cordiales félicitations, ainsi que mes vœux chaleureux de réussite dans votre haute mission. Je forme en particulier des vœux pour que, sous votre conduite, le Cameroun demeure résolument engagé au service de la paix et de la stabilité sur le continent africain et dans le monde. Je suis certain que le Cameroun continuera à mobiliser ses énergies en faveur du progrès et des réformes, afin de relever tous les défis d’un développement durable et équilibré. Je ne doute pas que vous aurez à cœur de maintenir, à cette fin, un dialogue soutenu et fructueux avec la communauté internationale.

Je suis convaincu que nos deux pays resserreront encore les liens d’amitié et de coopération qui les rapprochent de si longue date.

En vous réitérant tous mes vœux de plein succès, je vous prie d’agréer, Monsieur le président, l’assurance de ma haute considération.

Bien affectueusement à toi. "

Les félicitations du président Jacques CHIRAC à Son Excellence Monsieur Paul Biya, président de la République du Cameroun, communiqué publié par Cameroon Tribune, le 18/10/2004

Ce communiqué montre l’affectueuse complicité qui règne entre les deux grands pillards du Cameroun, pillage des forêts camerounaises, pillage de l’épargne et des retraites des Camerounais. Le peuple camerounais, qui connaît, parfaitement et dans le détail, les sommets de corruption atteints lors de cette élection-bidon, n’oubliera pas cette trahison des " valeurs " morales, c’est-à-dire tout aussi bidon, censées être celles de la République française.

"Malheureusement, tous les jeunes rêvent de s’en aller [...]. C’est un baromètre qui en dit long sur la crédibilité du pays. Beaucoup souhaitent partir parce qu’ils sont dégoûtés d’un système frappé par une corruption rampante partout. [...] Ce qui est très grave, c’est qu’à ma connaissance pas un seul fils de ministre n’est dans une université camerounaise ! Qu’est-ce que cela veut dire ? Que le pays ne vaut pas la peine ? Mais qui fait ce pays ? "

Une enseignante camerounaise, interviewée par Alexandra Cessford, in Le Nouvel Afrique Asie, 10/2004, p. 55-56

Ces propos se passent de commentaire. Il est bon de rappeler, au moment où un simulacre d’élection a reconduit Biya pour sept ans de malheur camerounais, que, massivement, les Camerounais votent avec leurs pieds. La diaspora est évaluée à plus de 10 % de la population (c’est comme si 7 millions de Français vivaient à l’étranger, ce serait quand même un problème). Ironie de l’histoire, le clan au pouvoir est le premier à se délocaliser, Président en tête.

Odile Tobner

Cet article a été publié dans Billets d’Afrique 130 - Novembre 2004
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