Survie

Congo Brazzaville : ILS ONT DIT... : Appel aux Congolais

(mis en ligne le 1er novembre 2004)

" Nous avons un beau pays. Il va de l’Océan jusqu’au cœur de l’Afrique centrale. Il y a de la place pour tous et des ressources infinies. Cette terre, nous l’avons reçue de nos ancêtres. Nous devons la transmettre à nos enfants. Mais quelques familles, des petits clans, se sont accaparé de notre pays, notre bien à tous. Ils nous ont dressés les uns contre les autres. Ils nous ont exploités. Ils ont fait fuir des milliers d’entre nous.
Il est temps d’y mettre fin. Mais ne prenons pas les armes. Elles ont assez parlé. Le pouvoir n’est plus au bout du fusil. Refusons toute collaboration avec le régime. Déchirons sa constitution. Dénonçons cette fausse "démocratie".[...] Réclamons justice. Crions notre colère contre celui qui nous a volé notre histoire, qui nous prive du présent et qui tue l’avenir. Des crimes contre l’humanité aux délits économiques, c¹est lui l’unique responsable. Ses guerres ne sont pas les nôtres. Ses dettes non plus. Mais son argent, c’est notre argent. Si nous sommes unis, il ne peut rien contre nous. Il n’aura plus personne à commander. Il finira par descendre de sa tour d’ivoire. [...] Construisons notre avenir ensemble. Elisons nos représentants dans chaque quartier, chaque village. Soyons dignes. [...] Respectons nos différences. Débattons. Exigeons une Commission Vérité. Jugeons les coupables des crimes lors de procès équitables. Faisons une vraie réconciliation. Pardonnons enfin. Et réalisons que le Sud et le Nord sont faits pour marcher ensemble. Alors seulement, nous pourrons dire que la paix règne. Alors seulement, nous pouvons organiser des élections vraiment libres.
Nous ne sommes pas seuls. Du Sud au Nord, une population entière est soumise à la même dictature. Des milliers d’entre nous sont en exil. Nous, le peuple du Congo, formons tous une opposition. [...] Nous sommes soutenus par des réseaux africains et européens influents qui s’opposent à la politique de Paris qui protége son ami dictateur. Ouvrons les yeux. Ailleurs en Afrique, des peuples ont déjà chassé leurs oppresseurs. La dictature et la mauvaise gestion ne sont pas une fatalité. En France, en Angleterre, en Scandinavie, aux États-Unis, les gouvernements seront obligés de nous soutenir car l’opinion publique internationale l’exige. Les ONG et les Eglises sont déjà de notre côté. Mais faisons vite. Il faut se révolter contre le tyran avant qu’un autre ne le remplace. "

La société civile congolaise, le 09/10/2004

Le document dont nous publions des extraits, venu du Congo Brazzaville, paraît sous le titre " Appel aux Congolais. Nous sommes le peuple ! Prenons le pouvoir maintenant ! ". Copie nous a été adressée par la Fédération des Congolais de la Diaspora (FCD, www.fcd.ras.eu.org) pour information. Vivre sous une dictature est le pire des destins. Faire tomber une dictature - celle de Denis Sassou Nguesso en l’occurrence -, soutenue qui plus est par une puissance comme la France, n’est pas une tâche aisée. Dans de telles circonstances on n’a guère que le courage pour viatique. Si le choix des moyens d’y parvenir appartient au peuple congolais, il nous paraît important de signaler à nos lecteurs que ce courage ne lui manque pas, et qu’il tient à le signaler. De notre côté, nous poursuivrons sans relâche le combat contre la connivence française avec le tyran de Brazzaville. C’est la fin de cette relation meurtrière qui faciliterait la tâche à un peuple mis au défi de résister à l’oppression. Il est difficile de trouver les mots pour dire notre solidarité, l’espoir partagé.

Sharon Courtoux

Cet article a été publié dans Billets d’Afrique 130 - Novembre 2004
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