Survie

Côte d’Ivoire : L’ordre règne à Abidjan

(mis en ligne le 1er novembre 2004)

Les médias en France ont accordé, à bon droit sans doute, une large place aux malheurs des Français fuyant la Côte d’Ivoire. Ainsi s’est-on apitoyé sur des enfants obligés d’aller désormais à l’école dans le froid, loin du soleil ivoirien, ou sur ce Français, bienfaiteur de l’Afrique, qui avait à Abidjan, dans un palace, une salle de remise en forme, et qui proclamait qu’il ne retournerait en Côte d’Ivoire que si Gbagbo s’en allait. On frémissait devant un tel enjeu.

Rien, par contre, sur les dizaines de civils ivoiriens, parmi lesquels des femmes et des enfants, tombés sous les balles françaises. Raffarin avait bien dit qu’on ne tue pas impunément des soldats français et Ségolène Royal invitait les Français à être tous derrière leur armée. Ainsi bénis et couverts, certains militaires ont fait un carton. Les victimes sont rarement dues aux opérations d’exfiltration de ressortissants français, mais à l’occupation de sites stratégiques comme l’hôtel Ivoire, à proximité du palais présidentiel. Une stratégie d’occupation, décidée à l’Élysée, qui ne pouvait qu’aboutir à la confrontation avec la foule, faisant remonter du coup le souvenir de tous les massacres coloniaux.

On se demandera ensuite pourquoi les Français sont aussi détestés en Afrique...

Odile Tobner

Cet article a été publié dans Billets d’Afrique 131 - Décembre 2004
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