Survie

Soudan : Face à la situation au Soudan,la France doit tenir une position ferme !

(mis en ligne le 1er décembre 2004)

Communiqué commun de ACAT-France, Aircrige, CCFD, Comité Soudan, Justice et Paix-France, MRAP, Secours-Catholique, Survie, Vigilance Soudan le 16/11/2004

Alors que le Conseil de Sécurité des Nations unies s’apprête à tenir une réunion exceptionnelle consacrée au Soudan, les 18 et 19 novembre à Nairobi, nous, associations françaises concernées par les graves abus commis au Darfour - tactiques de diversion des autorités soudanaises pour gagner du temps et continuer leur politique de terre brûlée, politique de nettoyage ethnique, violences sexuelles, harcèlements, tortures - demandons à notre gouvernement de tenir une position ferme et d’adopter les recommandations suivantes :

1. Concernant l’aggravation de l’insécurité • Condamner avec la plus grande fermeté : les crimes commis par toutes les parties en conflit, les déplacements forcés orchestrés par les autorités soudanaises, les pressions constantes des forces soudanaises sur les déplacés pour qu’ils retournent contre leur gré dans leurs villages ou pour qu’ils changent de camps ; • Accentuer les pressions sur le gouvernement soudanais pour que les milices soient désarmées et exclues des tâches ayant trait à la sécurité des camps de déplacés et retirées de la région.

2. Concernant les sanctions envisagées • Promouvoir un embargo international avec effet immédiat sur les livraisons d’armes à destination du Soudan et sur les exportations de pétrole soudanais jusqu’à ce que le Gouvernement soudanais tienne les engagements pris.

3. Concernant le déploiement de la Mission africaine au Soudan (l’AMIS) • Renforcer l’aide financière, technique et logistique auprès de l’AMIS, pour un déploiement rapide des troupes et des observateurs de l’Union africaine (UA) ; • Etre davantage présent sur le terrain, mettre à disposition des Nations unies, en nombre suffisant, des observateurs pour veiller au respect des droits de l’homme au Darfour ; • Renforcer le mandat de l’AMIS afin de permettre aux forces africaines de mieux protéger les populations civiles ; • Encourager les pays africains amis à envoyer des troupes au Darfour dans le cadre de l’AMIS.

4. Concernant les négociations de paix en cours à Naivasha Il est important qu’un accord global reprenant l’ensemble des protocoles d’accord soit enfin signé dans les meilleurs délais entre le gouvernement du Soudan et la rébellion du Sud-soudan (SPLA). L’aboutissement du processus de Naivasha permettrait d’intégrer le SPLA et d’autres groupes d’opposition dans le gouvernement, ce qui provoquerait un changement dans la gestion politique du dossier Darfour. Nous demandons donc à la France, en tant que membre permanent du Conseil de Sécurité de : • Faire pression auprès des deux parties, et notamment du gouvernement soudanais, pour que le processus aboutisse ; • Veiller à ce que chacune des deux parties respecte ses engagements respectifs.

Contact presse :
Hélène Palard - communication@acat.asso.fr - LD : 01 40 40 74 10

Cet article a été publié dans Billets d’Afrique 131 - Décembre 2004
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