Survie

ILS ONT DIT... Côte d’Ivoire

(mis en ligne le 1er janvier 2005)

« [Une réunion interministérielle] a préparé un décret étendant aux Français de Côte d’Ivoire le bénéfice de la loi du 27 décembre 1961 relative à l’accueil et à la réinstallation des Français d’outre-mer, qui avait été adoptée pour les Français d’Algérie. » (Michel BARNIER, cité par l’AFP, le 09/12/2004).

On a pu en douter pendant quarante cinq ans, mais maintenant c’est officiel : nous sommes toujours en situation de décolonisation. Et encore, c’est contraint et forcé ! Si ce statut s’applique à tous les pays avec lesquels la France a maintenu une coopération militaire, entre la Coface qui assure les pertes des transnationales et la loi du 27/12/1961 qui assure les expatriés, l’Afrique n’est que bénéfice !

Pierre Caminade

« La France et la Côte d’Ivoire sont comme deux sœurs siamoises que rien ne peut séparer » (Laurent GBAGBO, cité par Le Parisien, le 22/11/2004).

« Des écoles françaises ont été brûlées, donc je comprends les gens qui sont partis avec leurs enfants. Les autres, je pense qu’ils vont revenir. Un homme qui a son entreprise ici, que voulez vous qu’il aille faire en France ? » (Laurent GBAGBO, entretien accordé à l’IRIN, le 17/11/2004, publié le 19/11).

Le Président ivoirien a choisi de faire un sort aussi bien à ceux qui le prenaient pour le fer de lance de l’émancipation nationale qu’à ceux qui le prenaient au sérieux.

Pierre Caminade

« Il n’y a pas deux catégories d’Ivoiriens. Les journalistes sont, certes, utiles. Mais cela ne leur confère pas une qualité exceptionnelle. Il faut qu’ils payent de quelque chose. Soit mettre en péril leur appareils de production, soit aller en prison » (Mamadou BEN SOUMAHORO, député indépendant de Bako, ex-directeur général de la Radio Télévision ivoirienne, cité par Benoît Hili in 24 heures, le 07/12/2004).

Ce député défend ainsi la loi sur le régime de la presse écrite que vient d’adopter l’Assemblée nationale ivoirienne. Cette loi « assujettit le journaliste à la loi pénale notamment en cas de “collaboration avec l’ennemi”. » (24 heures, idem.) La rhétorique mime le discours progressiste : au nom de l’égalité, les journalistes devront faire comme tout le monde, ne pas s’indigner des mesure liberticides et ignorer les pogromes dont le régime assure l’impunité.

Pierre Caminade

Cet article a été publié dans Billets d’Afrique 132 - Janvier 2005
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