Survie

Succession camerounaise

(mis en ligne le 1er janvier 2005)

Le « Cher Paul » [1] a donc formé enfin un nouveau gouvernement après sa "réélection". Le nombre des gens à remercier pour leur "travail électoral" étant impressionnant, il a nommé pas moins de soixante ministres, qui pourront enfin couler des jours heureux, dotés de tous les attributs matériels et somptuaires de leur fonction - sans trop se fatiguer, puisque les réunions du conseil des ministres ont lieu une fois tous les trois ans.

En fait de changement, tous les vieux chevaux de retour sont là : avec Bello Bouba comme ministre du désastre de la Poste, Daïssala Dakolé en ministre de la catastrophe des transports, on est au moins sûr que tout continuera sans dérangement dans le pire des mondes possibles. Rien que pour s’occuper des stades et des écoles qui n’existent pas, on a cinq ministres : des Sports, de la Jeunesse, de l’Enseignement préscolaire, de l’Enseignement élémentaire, de l’Enseignement secondaire. L’inamovible Ferdinand Oyono reste à la “Culture”. Il y a belle lurette qu’il ne se rend plus à son ministère, dépourvu d’ascenseur pour le hisser dans son bureau au premier étage, et qu’il se fait apporter les "dossiers" chez lui.

Le Président, après l’effort titanesque fourni pour gérer le difficile problème politique de la distribution des fromages, va pouvoir reprendre son programme de villégiatures helvétiques et parisiennes pour reconstituer ses forces. Quant au Cameroun, de toute façon, seul Dieu peut encore quelque chose pour lui.

Odile Tobner

[1Cf. lettre de félicitation de Jacques Chirac à Paul Biya in Billets n° 130, Ils ont dit.

Cet article a été publié dans Billets d’Afrique 132 - Janvier 2005
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