Survie

A fleur de presse

A FLEUR DE PRESSE - Criminalité financière

(mis en ligne le 1er mars 2005)

Le Canard enchaîné, Corrompus, rompez !, 09/02/2005 :

« Il n’y a plus de corruption en France ! Cette merveilleuse nouvelle sera bientôt officielle. Le gouvernement prépare en effet, en grand secret, la disparition des deux organismes chargés d’étudier ces mesquines questions d’argent sale. Des machins devenus à l’évidence inutiles. Première visée, la Mission interministérielle d’enquête sur les marchés publics (Miem). Cette mission, créée en 1991, n’a plus de patron depuis novembre dernier. Elle n’est plus en odeur de sainteté depuis que ses découvertes ont entraîné quelques condamnations d’entreprises du bâtiment, secteur particulièrement vertueux. Comme le Code des marchés publics a été assoupli, à la grande satisfaction des bétonneurs, Matignon juge que cette assemblée de grincheux, ne comprenant rien aux subtilités du monde des affaires, est devenue inutile. Elle pourrait donc disparaître. Ou, plus finaud, être fondue dans le Service central de prévention de la corruption (SCPC). Justement, cela tombe bien, cet organisme interministériel, créé en 1993, est lui aussi sur la sellette. Bien que sans grands pouvoirs, le SCPC se montre parfois un peu trop indépendant. Et surtout, la droite ne lui a jamais pardonné d’avoir, en 1995, rendu un avis assassin sur l’attitude de Juppé, adjoint au maire de Paris, qui s’octroyait à lui-même et à ses enfants des appartements de la Ville. La vengeance étant un plat qui se mange froid, le SCPC pourrait disparaître à son tour pour devenir une simple sous-direction du ministère de la Justice. Il ne restera plus qu’à dissoudre ce service pour que la corruption ne soit qu’un mauvais souvenir. »

Encore une manifestation de la sape généralisée des contre-pouvoirs entreprise par la Chiraquie. En noyautant la haute hiérarchie judiciaire, en laissant les médias se faire racheter par les plus grands corrupteurs, en cassant les thermomètres et les digues de la criminalité financière, Chirac pourra effectivement donner des leçons de « bonne gouvernance » à ses amis prédateurs africains, en se prévalant de l’exemple français…

François-Xavier Verschave

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