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A fleur de presse

Lybie : A FLEUR DE PRESSE - Françafrique

(mis en ligne le 1er mars 2005)

Le Monde, La France et la Libye du colonel Kadhafi relancent leur « coopération stratégique » et militaire, 08/02/2005 (Laurent ZECCHINI) :

« Première ministre française de la Défense à se rendre dans la Jamahiriya (République) libyenne depuis que le colonel a pris le pouvoir, en 1969, Mme Alliot-Marie a entendu son hôte lui expliquer que l’approche militaire n’est pas la bonne pour régler les problèmes du continent africain. Cet acte de foi diplomatique dans le discours désormais sobre du chef de l’État libyen a confirmé le tournant pragmatique apparemment pris par la Libye, que Jacques Chirac avait salué lors de sa visite de novembre 2004. Mme Alliot-Marie a répondu que la meilleure façon d’éviter une telle extrémité était que les deux pays se mettent d’accord sur une “coopération stratégique” embrassant tous les aspects de leur relation bilatérale. La France sera plus encline à élargir sa coopération avec Tripoli si les deux pays ne divergent pas sur différentes questions, en particulier la politique française en Afrique : le colonel Kadhafi ne se prive pas de critiquer la présence des troupes françaises en Côte d’Ivoire et de s’inquiéter de la situation à Djibouti. »

Le colonel Kadhafi a longtemps été l’un des principaux fauteurs de guerres civiles en Afrique, soutenant entre autres les entreprises mortelles du warlord libérien Charles Taylor. S’il renonce vraiment à cette approche, c’est plutôt une bonne nouvelle. Dans sa précédente stratégie déstabilisatrice, il s’est trouvé souvent l’allié de la Françafrique, autour de Blaise Compaoré, de Charles Taylor, ou en Afrique centrale (cf. F.X. Verschave, Noir silence, Les arènes, 2000, p. 346-350) La « coopération stratégique » proposée par Michèle Alliot-Marie ressemble fort à une relance de cette alliance, qui ménagerait les intérêts de « la politique française en Afrique », c’est-à-dire la Françafrique. Le riche et influent Kadhafi en serait à nouveau un relais privilégié. Même si cette stratégie renonce à l’« extrémité » taylorienne, il est assez peu probable qu’elle serve les intérêts des peuples africains.

François-Xavier Verschave

Cet article a été publié dans Billets d’Afrique 134 - Mars 2005
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