Survie

ILS ONT DIT... Mépris

(mis en ligne le 1er mai 2005)

« Je crois surtout que l’Afrique et les Africains sont en train d’évoluer. Nous avons affaire aujourd’hui à de nouvelles générations de politiques. Ces nouveaux responsables n’ont pas la culture de l’État-nation comme l’ont les Français ou les Britanniques… On voit réapparaître les conflits entre ethnies pour le pouvoir. Notre conception de l’État ne leur convient pas. Et puis, certains nouveaux leaders ont besoin d’exister par eux-mêmes. Leur prédécesseurs ont réalisé la décolonisation. Les suivants des progrès économiques. Certains pensent aujourd’hui avoir besoin, pour affirmer leur personnalité, de se trouver un nouvel ennemi. D’où la tentation de recréer artificiellement une lutte néo-coloniale contre la France, mais plus généralement contre les Européens. » (Michèle ALLIOT-MARIE, ministre de la Défense, in Le Figaro du 13/04, interview d’Isabelle Lasserre).

Elle l’a dit. Elle a dit quoi au juste ? Elle a dit qu’il convient que la prise de conscience sur le continent noir des réalités du mécanisme dit « Françafrique », et de leurs conséquences, fasse l’objet d’une confusion entre les turpitudes africaines et l’émergence de cette conscience – ce qui confirmerait que les Africains ne sauraient organiser leurs sociétés hors l’égide du monde occidental. Elle a dit que la lutte africaine contre le néocolonialisme ne peut être qu’un artifice mis au service d’ambitions personnelles, et non une émergence porteuse d’avenir au sein des peuples. L’avenir lui répondra. En attendant, je laisse aux Africains le soin de lui clouer le bec.

Sharon Courtoux

Cet article a été publié dans Billets d’Afrique 136 - Mai 2005
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