Survie

SALVES - Révolte étudiante au Cameroun

(mis en ligne le 1er juin 2005)

La grève des étudiants, partie de l’Université de Yaoundé 1 le 27 avril 2005, s’est étendue à Douala et à Buéa. Le 28 avril, la police a tué par balles deux étudiants qui réclamaient la libération des leurs, interpellés à Buéa, capitale de la province du Sud-Ouest anglophone. Les étudiants protestent contre les droits d’inscription à l’Université, qui s’élèvent à 50 000 Fcfa (montant du salaire mensuel d’un instituteur), et contre l’état lamentable et l’absence d’équipements des locaux universitaires. Mi-mai, après avoir en vain tenté de désamorcer le mouvement - notamment en recrutant de faux étudiants pour manifester en faveur de la reprise des cours -, les autorités ont promis de débloquer 5 milliards de Fcfa pour l’Université. À Buéa encore, la police a chargé le 24 mai contre les étudiants. Un taximan a été tué par balle. Alors que le recteur de l’Université de Buéa somme les étudiants de reprendre les cours le 26 mai, sous peine de radiation, un mouvement d’exode a lieu pour fuir les poursuites et les brutalités policières dans les quartiers. Aucune population au monde n’accepterait les conditions indignes que connaissent les Camerounais dans l’Éducation, la Santé et dans l’existence qui leur est imposées. Le mouvement des étudiants n’est qu’une première expression du refus d’endurer plus longtemps de telles conditions. Il est le symptôme du ras-le-bol généralisé qui habite les gens devant le pillage de l’État et l’abandon dans lequel ils sont laissés.

Odile Tobner

Cet article a été publié dans Billets d’Afrique 137 - Juin 2005
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