Survie

Togo, Juin 2005 - 5 : Lire - ’Le choix volé des Togolais’ coordonné par Survie

(mis en ligne le 1er juin 2005)

Coordonné par l’association Survie

Le choix volé des Togolais Rapport sur un coup d’État électoral perpétré avec la complicité de la France et de la communauté internationale

Éd. L’Harmattan, avril 2005. Prix en librairie : 10,00 €

Le 24 avril 2005, les électeurs togolais étaient appelés aux urnes pour élire un nouveau Président, deux mois et demi après le décès de Gnassingbé Eyadema, un dictateur « ami de la France » (selon Jacques Chirac), mais ennemi de son peuple – pour qui il incarna pendant 38 ans la tyrannie, la violence et la corruption. Cette élection était censée conclure une période de succession troublée par un premier coup de force de l’armée togolaise, laquelle avait d’abord tenté d’installer par la force le fils du dictateur, Faure Gnassingbé, avant de renoncer, face aux pressions internationales. Les semaines suivant le scrutin n’ont fait qu’accroître la tension. La répression violente des initiatives de l’opposition politique togolaise (manifestations, réunions) s’est soldée par plus d’une dizaine de tués et des centaines de blessés. Le jour de l’élection, alors que de nombreux observateurs de ce scrutin constatent un vote massif du peuple togolais en faveur du candidat de l’opposition unie, le pouvoir en place, à l’issue d’une vaste opération de manipulation, donne la victoire à Faure Gnassingbé. Au Togo, c’est l’explosion. Les démocrates comprennent qu’on leur a encore volé la victoire. Le monde entier les abandonne à ce triste sort, les chancelleries s’en remettant à l’avis partial (car influencé par la France) de l’organisation régionale CEDEAO. Au Togo, dans les pays voisins, en France, un front du refus se met en branle. Convaincus que la vérité doit être connue sur ce qui s’est passé au Togo, que la fraude électorale doit être démontrée, des journalistes, des représentants d’ONG et d’organisations religieuses, des militants des droits de l’Homme, se rencontrent, communiquent par téléphone, échangent leurs écrits, manifestent. Un combat les rassemble, celui de la lutte contre l’impunité. Ce rapport met en lien leurs textes, articles, déclarations et autres documents. Produits pendant cette période, ils fournissent des éléments concrets d’appréciation et d’analyse sur les événements togolais. Y ont été ajoutés quelques textes de synthèse. Rédigé rapidement pour pouvoir être publié avant que l’attention ne retombe – et pour aider à ce qu’elle ne retombe pas –, ce document obéit à la nécessité de rendre disponibles au plus tôt les tenants et aboutissants de cette crise politique et diplomatique majeure, qui pourrait affecter durablement l’essor démocratique du continent africain.

Les contributeurs : Ligue togolaise des droits de l’Homme, Commission diocésaine Justice et Paix de Lomé, Rencontre africaine pour la défense des droits de l’Homme (RADDHO), Kangni Alem, Benjamin Chevillard (revue Indésens), Clément Boursin (ACAT-France), Franck Ekon (le togolais.com), Thomas Loudenot et Charlotte Merle (Citoyens sans frontières), Ardiouma Sirima, Fabrice Tarrit, Comi Toulabor (CEAN, Sciences-Po Bordeaux), François-Xavier Verschave, Abdourahman Waberi Coordination : Fabrice Tarrit

Cet article a été publié dans Billets d’Afrique 137 - Juin 2005
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