Survie

Le rigolo du Gabon

(mis en ligne le 1er juillet 2005) - Odile Tobner

Bongo a beau trépigner, l’appellation que lui a décernée Gbagbo lui va comme un gant. Elle est même un tantinet gentille. La farce qui se joue au Gabon depuis 38 ans a un côté plutôt sinistre. Dans un document intitulé Les mauvais payeurs de la forêt gabonaise, Arnaud Labrousse dresse la liste des exploitants de la forêt qui doivent de l’argent à « ce qu’il est un rien pervers d’appeler l’État ». Omar et Ali Bongo arrivent évidemment en tête avec une dette d’environ un milliard de FCFA. Suit toute la ribambelle de la Bongocratie, qui relègue le terme de « kleptocratie » au rang de doux euphémisme. En particulier le ministre du Contrôle d’État et des inspections, « chargé de la lutte contre la pauvreté et de la lutte contre l’enrichissement illicite », Martin Mabala, forestier sous un nom d’emprunt, doit à l’État 2 152 500 FCFA.

Non contentes de léser l’État gabonais, les compagnies forestières bongoïstes savent engranger les subsides de l’APD (Aide publique au développement) pour leurs bonnes œuvres. Pourquoi se priver dans le monde franco-gabonais des copains au pouvoir ? Et tant pis pour les dindons de la farce que sont le pauvre Gabonais et le payant de Français de base [1].

Odile Tobner

[1Lire aussi le communiqué de Greenpeace, France - Gabon : Où est donc la bonne gouvernance ?, www.greenpeace.org/france/press

Cet article a été publié dans Billets d’Afrique 138 - Juillet Aout 2005
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