Survie

A fleur de presse ... - Septembre 2005 - Affaires

(mis en ligne le 1er septembre 2005)

Le Canard Enchaîné, La Tournée du patron, 20/07 : « L’Élysée a tenu à honorer quelques vedettes financières de l’ex-RPR à l’occasion de la distribution de Légions d’honneur du 14 juillet. [...] L’avocat Francis Szpiner, qui conseille Chirac depuis plusieurs années et qui a défendu Juppé au procès des emplois fictifs a ainsi été promu au grade d’officier. [...] Trois jours auparavant, le 11 juillet, [...] Didier Schuller a affirmé devant le tribunal de Créteil que Szpiner avait organisé sa fuite à l’étranger en 1995, sur ordre de l’Élysée. [...] L’ancien vice-président du conseil régional d’Ile-de-France Philippe Lachenaud (UDF, tendance Chirac) a lui aussi décroché sa rosette. Entre 1992 et 1995, Lachenaud était chargé des travaux de rénovation des lycées qui viennent de donner lieu à un procès retentissant. [...] Enfin Jerôme Grand d’Esnon, ex-responsable juridique du RPR, vient d’être nommé chevalier. En 2002, cet homme de confiance de Chirac avait expliqué sans rire aux magistrats de Nanterre que le système des emplois fictifs du RPR était « parfaitement légal ». Grand d’Esnon, aujourd’hui directeur des affaires juridiques à Bercy, est également à l’origine du nouveau Code des marchés publics, promulgué en 2003, qui assouplit les contrôles sur les dépenses publiques. »

Pourquoi se gêner ? « L’ère des grandes affaires politico-financières est révolue », titrait Le Monde du 16 juillet, après que Didier Schuller soit « presque exonéré par des "zones d’ombre" » (Libération du même jour) dans le procès des HLM des Hauts-de-Seine. Contrairement à ce que pourrait laisser supposer ce titre, ce ne sont pas les relations entre la classe politique et les milieux d’affaire qui sont devenus plus vertueux. Ainsi que l’explique le contenu de l’article de F. Lhomme, c’est au contraire « la justice financière qui a tourné une page de sa courte histoire » en raison des désaveux systématiques infligés par le pouvoir politique aux juges les plus curieux, et des freins mis à leurs enquêtes (à commencer par l’immunité présidentielle). C’est sans doute pour fêter dignement cette nouvelle ère que l’Élysée a offert sa tournée.

Victor Sègre

Cet article a été publié dans Billets d’Afrique 139 - Septembre 2005
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