Survie

Madagascar : A fleur de presse... - Septembre 2005 - Mémoire

(mis en ligne le 1er septembre 2005)

Le Figaro, La France fait acte de repentance, 22/07 (Philippe Goulliaud) : « Des paysans armés de sagaies et de coupe-coupe se livrent à des pillages et massacrent des colons français. Le gouvernement de Paul Ramadier et son ministre de la France d’Outre-Mer, le socialiste Marius Moutet, l’un des 80 parlementaires ayant refusé les pleins pouvoirs au maréchal Pétain en 1940, ne peuvent laisser faire. La répression est d’une violence extrême. On parle d’exécutions sommaires, de tortures, de rebelles précipités dans le vide depuis des avions militaires... À combien s’élève le bilan ? Aujourd’hui encore, personne ne peut le dire avec certitude. Certains, comme à l’époque le parti communiste, évoquent 100 000 à 150 000 morts. D’autres avancent 89 000 décès. Un chiffre aujourd’hui largement revu à la baisse. Il y aurait eu, selon certains historiens, moins de 10 000 morts dans les affrontements, 15 000 au total, si on prend en compte les conséquences de ces troubles malgaches. »

Le résumé de la grande insurrection indépendantiste malgache en 1947 par un journaliste du Figaro laisse plus que perplexe. Des massacres de sauvages réprimés par des ministres irréprochables, des faits avérés présentés sous forme de rumeurs, et une bataille de chiffres entre certains » et « certains », qui se conclut au bénéfice d’un révisionnisme manifeste sur ces « troubles malgaches ». A-t-on peur au Figaro que les intempestives déclarations présidentielles (cf. salve 29 mars 1947) viennent contredire la loi du 23 février n’obligeant à enseigner qu’un caractère « positif » de la colonisation ?

Victor Sègre

Cet article a été publié dans Billets d’Afrique 139 - Septembre 2005
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