Survie

Mauritanie : A fleur de presse... - Septembre 2005

(mis en ligne le 1er septembre 2005)

PANA, La junte au pouvoir en Mauritanie rassure les milieux pétroliers, 15/08 : « Le Conseil Militaire pour la Justice et la Démocratie (CMJD) et le gouvernement mauritanien se sont engagés à respecter l’ensemble des conventions signées et des engagements souscrits avec les partenaires pétroliers a assuré ce week-end, le nouveau ministre du Pétrole et de l’énergie M. Sidi Ali Ould Sidi Mohamed, cité par l’agence officielle de presse. Le ministre du Pétrole du nouveau gouvernement s’exprimait ainsi au cours d’une rencontre avec les représentants de cinq sociétés pétrolières opérant dans le pays, pour donner des assurances quant "à la stabilité qui prévaut après le changement du 3 août 2005" ajoute l’organe officiel. Plusieurs partenaires pétroliers de la Mauritanie ont pris part à cette rencontre ; notamment la société Woodside (Australie), CNPC (République Populaire de Chine), Al Baraka (société mauritano-australienne), Total (France), IPG (Mauritanie GB) entre autres. [...] Le début de l’exploitation pétrolière en Mauritanie est prévue pour le mois de mars 2006, rappelle t-on. »

Si les milieux pétroliers sont rassurés, on comprend mieux la faiblesse des réactions internationales au lendemain du coup d’État survenu début août en Mauritanie, en particulier des grandes puissances qui n’ont eu l’air ni trop déçues ni trop surprises... Les USA ont appelé dans un premier temps « au rétablissement de l’ordre dans le respect de la constitution et du gouvernement de Taya. » et moins de dix jours après ont annoncé leur intention de coopérer avec le conseil militaire. L’UA a exclu la Mauritanie de son sein le 6 août, puis s’est dit rassurée le 10 août par la mise en place d’un nouveau gouvernement (sans revenir toutefois sur le principe de l’exclusion jusqu’à la tenue d’élections). La France enfin, dans son communiqué officiel, « rappelle sa position de principe, qui condamne toute prise de pouvoir par la force et appelle au respect de la démocratie et du cadre institutionnel légal. » Soit le strict minimum diplomatique...

Le nouvel homme fort, Ely Ould Mohammed Vall, était l’ancien responsable de la sécurité nationale et du renseignement, et avait participé au coup d’État de 1994 qui avait porté Taya au pouvoir. Le nouveau gouvernement, désigné par la junte militaire, est essentiellement formé par les caciques du PRDS, le parti au pouvoir. Le Conseil militaire qui a supervisé le coup d’État s’est engagé à renouer avec « un jeu démocratique ouvert et transparent » et à mettre en place « de véritables institutions démocratiques »... d’ici deux ans. Paroles, paroles... En attendant, aucun véritable signe concret en ce sens n’a été donné. Certains militants islamistes ont été libérés, mais pas les opposants politiques. Aucune garantie non plus pour les dizaines de milliers d’exilés victimes des persécutions racistes antérieures. Bref, le changement, mais dans la continuité...

Victor Sègre

Cet article a été publié dans Billets d’Afrique 139 - Septembre 2005
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