Survie

Tchad : De la difficulté à obtenir un visa d’entrée en France pour les opposants à la dictature tchadienne

(mis en ligne le 1er octobre 2005) - Sharon Courtoux

Répondant à la prière du député fédéraliste tchadien, Ngarlejy Yorongar [1], Survie lui a adressé une invitation à la rencontre du 18 septembre en mémoire de François-Xavier Verschave qu’il tenait à marquer de sa présence. Le député à joint cette invitation à sa demande de visa d’entrée en France déposée à l’ambassade de France à N’djaména. Il a formulé à cette occasion une demande de visa de longue durée lui permettant de se rendre dans notre pays afin de s’y faire soigner autant que de besoin. On se souviendra que Idriss Déby se fait soigner en France autant que de besoin, et que le président français met à sa disposition la résidence de Marly lorsque Déby a besoin de bénéficier d’un lieu de repos confortable. Or, après avoir tardé à répondre à la demande de Ngarlejy Yorongar (augmentant le prix de son billet d’avion qui n’a pu être réservé à l’avance) l’ambassade lui a accordé un visa de... une semaine. Il fut un temps où N. Yorongar bénéficiait de visas d’entrée en France de longue durée. Les temps ont changé ! Selon nos informations, le même sort attendrait les plus éminents membres des ONG tchadiennes de défense des droits de l’Homme, ceux qui sont réputés « poser problème ». Quel problème ? Il leur arrive de critiquer publiquement une relation franco-tchadienne qui tend à faire passer celui qui détruit leur pays pour le contraire de ce qu’il est réellement : une catastrophe pour le peuple tout entier. La santé de cette catastrophe n’est pas brillante, et du coup la France penserait à l’avenir. Elle n’y penserait pas selon les préceptes préconisés par ces organisations. Affaire à suivre, de près.

Sharon Courtoux

[1Sorti vainqueur de l’élection présidentielle en 2001, Ngarlegy Yorongar a été écarté de la vie politique tchadienne par une immense fraude électorale. (Voir la campagne de Survie : « "Election" présidentielle au Tchad (20 mai 2001), non à l’aide au développement d’élections truquées ».

Cet article a été publié dans Billets d’Afrique 140 - Octobre 2005
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