Survie

Côte d’Ivoire - A fleur de presse - Novembre 2005 - Françafrique

(mis en ligne le 1er novembre 2005) - Victor Sègre

RFI, Michèle Alliot-Marie : « Il en va de l’image de nos armées », 19/10 (Monique Mas) : « La justice militaire française ouvre une information judiciaire contre X pour “homicide volontaire” après la suspension de ses fonctions de l’ancien commandant de l’opération Licorne, le général Poncet, pour “manquements graves à la loi, aux règlements militaires et aux ordres”. La disgrâce du général quatre étoiles accompagne celle d’un sous-officier et d’un colonel, Eric Burgaud, chef de corps dans le dispositif français en Côte d’Ivoire au moment de la mort suspecte d’un Ivoirien, le 13 mai dernier. Pour expliquer la gravité de la sanction, plutôt inusitée contre un si haut gradé, un général de corps d’armée formé aux opérations spéciales et en charge de Licorne pendant une période brûlante, la ministre française de la Défense, Michèle Alliot-Marie, invoque “l’image de nos armées”. [...] La présomption d’innocence est due au général Poncet comme à n’importe quel militaire ou civil. Il n’empêche que ce Saint-Cyrien de terrain, engagé au Liban ou au Kosovo, commandant des opérations spéciales (COS) en février 2001 et habitué des bourbiers africains (celui du Rwanda, en 1994) ne sort pas indemne de celui de la Côte d’Ivoire. Et cela, même si, pour l’heure, il n’est pas question d’images montrant des hélicoptères français mitraillant les ponts sur la lagune d’Abidjan, ni de celles des corps effondrés ou même de la tête de femme éclatée, par un tir visiblement tendu, au pied de l’Hôtel Ivoire, en novembre 2004. “Devant l’Hôtel Ivoire, le pouvoir a voulu provoquer un bain de sang... Nous n’étions pas dans une configuration type quartier Latin-mai 68, mais nous étions confrontés à de véritables opérations militaires”, assurait alors, au Figaro, le commandant de l’opération Licorne, le général Poncet. Mais aujourd’hui, il est seulement question d’un certain Mahé présenté comme un malandrin de la brousse ivoirienne et qui serait mort, si l’on comprend bien, de ce que les tribunaux internationaux appelle une “exécution extrajudiciaire” »

Si l’on ne peut que se réjouir de la mise en examen de ce spécialiste des opérations coloniales françafricaines, dont Mme Mas rappelle le curriculum vitae, le motif invoqué paraît quelque peu inhabituel au regard des exactions généralement couvertes par la “Grande muette”. Si la stratégie du ministère de la défense ne peut, à l’heure actuelle, que faire l’objet d’hypothèses à vérifier, la France cherche probablement à dissimuler un scandale de plus grande envergure.

Victor Sègre

Cet article a été publié dans Billets d’Afrique 141 - Novembre 2005
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