Survie

Togo : des rapports contradictoires

(mis en ligne le 1er novembre 2005)

Communiqué de Survie, le 28/09

La mission du Haut commissariat des Nations unies aux droits de l’Homme a enfin rendu public un rapport attendu depuis trois mois. Ce rapport attribue la responsabilité majeure des événements qui ont déchiré le Togo, de février à mai 2005, au pouvoir qui se maintient en place par la force. Le rapport de la commission d’enquête nationale sur ces mêmes événements, curieusement rendu public le lendemain, décharge les « autorités » togolaises de toute responsabilité.

La Mission du Haut commissariat aux droits de l’Homme chargée d’établir les faits qui ont déchiré le Togo du 5 février au 5 mai 2005 affirme que ses rencontres avec divers interlocuteurs ont « permis à la Mission de vérifier l’existence d’une réelle stratégie de la tension orchestrée par un groupe occulte au cœur du pouvoir : ce groupe, face à l’imprévu, semble s’être fixé comme horizon unique la conservation coûte que coûte du pouvoir ».

Diligenté par le gouvernement togolais, le rapport de la commission d’enquête nationale « sur l’élection présidentielle du 24 avril 2005 » rejette toute critique et nie un ensemble de faits (dont nombre sont relevés dans le rapport de mission du Haut commissariat aux droits de l’Homme) avérés. Le ministère français des Affaires étrangères à déclaré, mardi, que la France étudiera le rapport du Haut commissariat avec ses partenaires de la communauté internationale. Nous sommes d’avis que la France devra se pencher sur l’affirmation du HCDH selon lequel « les déclarations d’amitié du Président français au défunt Président [togolais] et l’appui de la France au processus électoral ont été politiquement interprétés comme la confirmation du soutien de la France au pouvoir togolais ». Puis comparer les deux rapports, celui du HCDH et celui du pouvoir togolais, afin de se prononcer sur leurs valeurs comparées...

Le rapport de mission du HCDH devra être suivi par l’identification des principaux responsables des événements que ce rapport commence à cerner. Il conviendrait que la France, en liaison avec ses partenaires de la communauté internationale, préconise et obtienne que cet exercice soit exécuté afin que l’avenir du peuple togolais ne se fonde pas sur l’impunité de ceux qui prétendent le diriger.

Cet article a été publié dans Billets d’Afrique 141 - Novembre 2005
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