Survie

Darfour

rédigé le 1er janvier 2006 (mis en ligne le 1er janvier 2005) - Sharon Courtoux

« Le Président du Soudan, Omar El Bashir et d’autres responsables de haut rang devraient faire l’objet d’une enquête pour crimes contre l’humanité au Darfour et être placés sur la liste des Nations unies des personnalités passibles de sanctions [indique le rapport de Human Rights Watch (HRW), préalable des prochaines discussions du Conseil de sécurité des Nations unies sur le Darfour : Impunité inébranlable...] Le procureur de la Cour pénale internationale doit faire aujourd’hui une présentation au Conseil sur l’enquête qu’il a menée sur les atrocités au Darfour.

Ce rapport apporte des informations nominatives sur le rôle de plus d’une douzaine de personnes, responsables civils et militaires, dans l’utilisation et la coordination des milices Janjaweed et des forces armées soudanaises pour commettre des crimes de guerre et des crimes contre l’humanité au Darfour depuis la mi-2003.

[... Il] décrit le procédé, répété dans tout le Darfour, qui a permis aux responsables de la milice de collaborer avec des administrateurs régionaux et des commandants militaires, ces individus se retrouvant d’ordinaire pour coordonner leur stratégie avant de lancer des attaques contre des villages et des villes en campagne. Au début de l’année 2004, il est clairement apparu, y compris aux yeux de certains soldats, que les civils étaient pris pour cibles. Un ancien soldat a déclaré à Human Rights Watch que lorsqu’il avait protesté auprès de son commandant, il lui avait été répondu : “Tu dois attaquer les civils.

Human Rights Watch affirme que le pillage et la destruction des villages étaient non seulement excusés par les responsables du gouvernement mais qu’ils étaient méthodiquement organisés, les soldats et les membres des milices étant autorisés à s’emparer des terres, du cheptel et d’autres biens civils. Des officiels soudanais de haut rang ont joué un rôle direct dans la coordination des offensives - en particulier la campagne aérienne de bombardements - à partir de Khartoum. [...]

“Le gouvernement soudanais feint de se plier aux demandes internationales en créant des comités qui ne produisent absolument aucun résultat,” a déclaré [Peter Takirambudde, directeur de la division Afrique à HRW ...]

Le Conseil de sécurité des Nations unies recevra, en décembre, trois rapports sur le Darfour : le rapport final et les recommandations du Panel d’experts du Comité des sanctions ; le rapport mensuel du Secrétaire général des Nations unies et la présentation du Procureur de la CPI. En mars, le Conseil a soumis le Darfour à la CPI et le Procureur a ouvert une enquête le 6 juin. [...]

Il y a neuf mois, le Conseil de sécurité des Nations unies a mis sur pied un Comité des sanctions pour pénaliser les personnes responsables d’abus au Darfour mais, à ce jour, il n’a agi à l’encontre de personne,” a déclaré Takirambudde. “Si le Conseil de sécurité veut voir de réels progrès au Darfour, il doit agir maintenant.” » (communiqué de Human Rights Watch, Nations unies : inscrire les hauts responsables soudanais sur la liste des personnalités passibles de sanctions. La CPI devrait enquêter sur les responsables en fonction au Darfour, Nairobi le 12/12).

Qu’ajouter, si ce n’est répéter que la France, membre du Conseil de Sécurité, doit agir maintenant.

Sharon Courtoux

Cet article a été publié dans Billets d’Afrique 143 - Janvier 2006
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