Survie

Au Tchad, le pétrole fuit...

rédigé le 1er février 2006 (mis en ligne le 1er février 2006) - Guillaume Olivier

En service commandé du dictateur Idriss Déby, qui prépare sa troisième élection à la fonction suprême, l’Assemblée nationale tchadienne a finalement voté le 29 décembre dernier la modification de la loi 001 sur la répartition des revenus pétroliers.

Cette modification permet au gouvernement de desserrer le garde-fou imposé par la Banque mondiale lors du lancement du projet d’exploitation de la zone de Doba, en 1999. Annoncé à la communauté internationale et à des bailleurs de fonds aussi perplexes que silencieux, l’amendement permettra de débloquer le "fonds pour les générations futures", d’un montant de 30 millions dollars, pour financer les dépenses courantes de l’État et payer les arriérés de salaires des fonctionnaires. Coup double donc pour le régime, qui brandit opportunément le principe de souveraineté et prévient de ce fait une crise sociale grandissante à l’approche des élections...

Cette révision législative permettra également d’ajouter le secteur de la sécurité, c’est-à-dire le financement de l’armée et des équipements militaires, aux secteurs prioritaires de développement auxquels 80 % des revenus pétroliers étaient réservés jusqu’à présent, c’est-à-dire la santé, l’éducation et les infrastructures...

Belles perspectives pour le Tchad, dont la fuite en avant du régime Déby et le conflit attisé dans le Darfour préludent vraisemblablement à un chaos sans précédent...

Guillaume Olivier

Cet article a été publié dans Billets d’Afrique 144 - Février 2006
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