Survie

Tchad : Quelle alternative pour la paix au Tchad aujourd’hui ?

(mis en ligne le 1er septembre 2006) - Delphine Djiraibe

Après le régime sanguinaire de Hissen Habré dont le procès se fait toujours attendre les tchadiens ont cru à la promesse du président Idriss Deby de leur donner la liberté et la démocratie ont espéré enfin retrouver la quiétude mais hélas. Très vite une crise sociopolitique grave s’est installée. Des violations des droits élémentaires de la personne humaine, une misère savamment entretenue, une généralisation de l’insécurité imputable en grande partie aux forces de sécurité sont des bas mots pour décrire la situation. Une crise socio-politique qui s’aggrave un peu chaque jour et qui se caractérise par une fermeture de l’espace d’expression plurielle et démocratique, et de toute possibilité d’alternance au pouvoir via les élections libres, transparentes et démocratiques. Cette crise qui met à mal la paix et la sécurité du pays ne trouvera une solution que si tous les acteurs politiques et publics s’accordent sur la manière de gérer le pays. La société civile (associations de défense des droits de l’Homme, syndicats, associations de femmes et de jeunes, commissions justice et paix, presse indépendante, signataires des chartes) regroupée dans le Comité de suivi de l’appel à la paix et à la réconciliation (CSAPR), avait depuis 2002 poussé à un dialogue nationale global non exclusif qui devrait entre autre amener les tchadiens et tchadiennes à négocier les conditions d’élections libres, transparentes et équitables dont les résultats seront acceptés par tous. Sont ainsi visées les reformes nécessaires, notamment dans les secteurs sécuritaires, la réconciliation nationale populaire, etc. Dialogue qui enlèverait d’une manière durable toute possibilité d’escalade de violence compte tenu de l’existence de nombreux foyers de rébellion dans le pays.

L’attaque de N’djaména le 13 Avril, après des défections dans l’armée et des coups d’état manqués, est le baromètre de l’état de gravité de la crise. Les élections fantomatiques du 3 mai, qui ont renforcé le pouvoir d’Idriss Deby et lui ont permis d’organiser un pseudo « dialogue politique » boycotté par les principaux partis de l’opposition, n’ont pas apporté une réponse adéquate à la crise qui persiste. Le CSAPR continue à croire aux valeurs d’un dialogue global non exclusif. Il compte pour cela sur la mobilisation des populations a l’intérieur, sur le soutient des partenaires sociétés civiles du Nord et sur la communauté internationale pour que, dans un élan de solidarité, cette marche vers la paix soit possible. Il fait également appel à l’esprit de patriotisme de tous les acteurs politiques nationaux et internationaux dans la recherche de cette paix chère à tous.

Delphine Djiraibe

Cet article a été publié dans Billets d’Afrique 150 - Septembre 2006
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