Survie

Gabon : Menace sur la forêt de la Mondah

(mis en ligne le 1er octobre 2006) - Survie

Communiqué de Survie et Environnement Gabon, le 26/09/2006

Survie et la plate-forme Environnement Gabon, qui regroupe en son sein une quinzaine d’associations et ONG environnementales gabonaises tiennent à alerter l’opinion internationale sur le danger pour l’environnement que représente le site choisi pour la construction d’un nouvel aéroport près de Libreville au Gabon. En effet le site retenu pour ce projet se trouve à l’intérieur d’une zone hautement protégée : " La forêt classée de la Mondah ". Cette unique forêt à la périphérie de Libreville constitue un trésor écologique. La baie de la Mondah est une zone humide côtière du nord-ouest du Gabon, dont de larges parties ont été incluses en août 2002 dans le parc national d’Akanda. C’est un site précieux qui abrite de nombreuses espèces végétales et animales dans une mangrove. La réalisation de ce projet menace sévèrement l’équilibre des écosystèmes du Parc d’Akanda et constitue un sérieux problème de sécurité aérienne pour des avions à réacteurs par la simple présence en ce lieu de sites de niche et de migration d’oiseaux. L’étude de faisabilité a été confiée, en juillet 2006, au groupe français Bouygues. Aucune consultation préalable de la population et des instances de protection de l’environnement n’a eu lieu. Il est curieux de constater que sans une étude préalable d’impact environnemental sur le site, conformément aux dispositions du Code de l’environnement, le gouvernement décide de manière unilatérale d’implanter un aéroport dans un site aussi sensible. Face à ce qui précède et au regard des enjeux écologiques du moment, de la nécessité de développer la politique de mise en place des parcs nationaux et pour garantir la crédibilité des engagements pris par le chef de l’État gabonais auprès de la communauté internationale, nous recommandons l’abandon du site de Malibé II, empiétant sur la forêt classée de la Mondah, pour ce projet. Des alternatives existent : soit par l’agrandissement de l’aéroport existant avec la création d’une seconde piste d’atterrissage, soit par le choix, dans la région de l’Estuaire, d’un site plus favorable pour l’implantation d’infrastructures économiques et industrielles, sans destruction de zones protégées. Vu l’urgence, puisque la réalisation de ce projet est prévue courant 2007, il est nécessaire que cette information soit largement relayée et qu’une puissante protestation s’élève dans le monde contre cette destruction d’une zone protégée.

Cet article a été publié dans Billets d’Afrique 151 - Octobre 2006
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