Survie

Ils ont dit : Chinafrique

(mis en ligne le 1er décembre 2006) - Odile Tobner

« La politique chinoise en Afrique pourrait contribuer à maintenir des types de gouvernance politique et économique qui sont au cœur des entraves à la croissance économique du continent africain. » (Pierre-Antoine BRAUD, chercheur à l’Institut d’études de sécurité, affilié à l’Union européenne, www.iss-eu.org/new/analysis/analy124.pdf, cité par Le Monde, 48 pays africains réunis à Pékin, le 04/11).

Cette étude, consultable sur le site du Haut Conseil pour la Coopération Internationale (hcci.gouv.fr) rattaché au premier ministre, La Chine en Afrique : anatomie d’une nouvelle stratégie chinoise, se livre à une critique en règle de l’intrusion économique de la Chine en Afrique. L’inconvénient est que les processus qui y sont vigoureusement dénoncés, pillage des matières premières, soutien à des régimes despotiques, croissance due à l’intensification du pillage, sans profit pour les populations, existent depuis très longtemps sans jamais avoir fait l’objet, dans les instances officielles, d’une description aussi critique. Bien au contraire, durant toutes ces années ces institutions ont obstinément entretenu le public du mythe de l’“aide”. Cette nouvelle sollicitude à l’égard de l’Afrique exprime donc plutôt l’inquiétude des prédateurs concurrencés sur leur terrain, en passe d’être spoliés de leurs avantages traditionnels, qu’ils ont toujours niés. Quant aux Africains, ils feront leurs choix, qui ne peuvent guère être plus mauvais, vu les résultats, que ceux qu’on leur a imposés jusqu’à présent.

Odile Tobner

Cet article a été publié dans Billets d’Afrique 153 - Décembre 2006
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