Survie

Centrafrique : Ils ont dit... : Françafrique

(mis en ligne le 1er janvier 2007) - Sharon Courtoux

« Le chef de l’État [Jacques Chirac] a assuré le 30 novembre que la France reste plus que jamais aux côtés de la République Centrafricaine. Si ce n’est pas une directive politique précise, je ne sais pas comment il faut dire les choses. »
(Jean-François BUREAU, porte parole du ministère de la Défense, au sujet de l’implication des forces françaises aux côtés de l’armée centrafricaine dans le conflit qui les oppose à des troupes rebelles, cité par l’AFP le 07/12).

Bureau affirme disposer d’un cadre politique “clair” pour l’engagement de l’armée française dans ce conflit. Il confirme ainsi publiquement, qu’en France, c’est le chef de l’État qui décide d’engager le pays dans un conflit, sans en référer au parlement, ni en informer les français. Il est grand temps que davantage de citoyens lui en demandent des comptes, et que le parlement exige d’être consulté avant toute entrée en guerre !

Sharon Courtoux

« On constate que les forces militaires françaises ont été engagées directement dans des conflits qui mettent en cause des gouvernements, des rebelles, que ça soit en Centrafrique ou au Tchad. [...] Ce que je demande moi, c’est que nous ayons un véritable débat au parlement français pour savoir quelles sont les finalités de la politique africaine de la France. Quel est le contenu du cette politique africaine. [...] On nous dit que des avions de combat français, des Mirages F1, sont intervenus notamment en RCA pour neutraliser des mitrailleuses, des mortiers. Ce sont des actes de guerre ! Et on ne peut pas laisser les forces françaises intervenir sur des territoires étrangers sans le parlement soit saisi. Mais il n’y a pas eu un mot de discussion au parlement »
(Paul QUILÈS, en réponse à une question de Philippe Leymarie sur RFI, retranscription
Tchadactuel 14/12).

Paul Quilès, ancien président de la mission parlementaire sur le Rwanda en 1998, ne s’est pas posé de telles questions alors que la France s’impliquait aux côtés du régime rwandais qui préparait le génocide des Tutsi. Lors de la publication du rapport de la mission, il a déclaré que la France n’avait rien à se reprocher en dépit des multiples pistes ouvertes en sens contraire par ce rapport. Le discours Quilès a tout d’une opération s’inscrivant dans la campagne électorale qui s’amorce – oublions le passé mais vous verrez comme nous serons bien à l’avenir. Qu’il nous dise que son camp, s’il est élu au printemps prochain, exigera qu’une commission d’enquête sur l’implication de la France au Rwanda prenne le relais de la mission et aille au bout du travail amorcé et on le prendra au sérieux .

Sharon Courtoux

Cet article a été publié dans Billets d’Afrique 154 - Janvier 2007
Les articles du mensuel sont mis en ligne avec du délai. Pour recevoir l'intégralité des articles publiés chaque mois, abonnez-vous
Pour aller plus loin
a lire aussi