Survie

Ils ont dit : Rapport Bruguiere

(mis en ligne le 1er janvier 2007) - Victor Sègre

« [Vous faisiez partie du "Network Commando". S’agissait-il de l’équipe chargée de l’attentat ?] Non ! Je ne sais pas pourquoi on a exagéré ça. Le Network, c’était un service de renseignements dont les membres provenaient de trois groupes : le High Command, l’équivalent de la garde présidentielle, la Direction of Military Intelligence (DMI) et un groupe qu’on appelait "les techniciens". Je faisais partie de cette dernière catégorie [...] C’est comme ça que j’ai été amené à voir les gens qui ont commis l’attentat, et ce sont ces noms que j’ai donnés au juge. [...] Si certains disent que j’ai participé activement à l’attentat, ce n’est pas mon affaire. J’en ai assez que mon nom soit utilisé pour justifier les thèses de tel ou tel. »
(Abdul RUZIBIZA, Libération, “J’ai été amené à voir les gens qui ont commis l’attentat”, 28/11, interrogé par Christophe AYAD).

« Appartenant au groupe 1 du "network commando", Abdul Ruzibiza dit avoir effectué les repérages pour l’attentat, aidé notamment par le sergent Bosco Ndayisaba [...] Le 6 avril, à 17h30, il a rejoint le point de ralliement à partir duquel les quatre membres de son groupe se sont déployés pour "couvrir" l’équipe de tir qui serait arrivée par ses propres moyens »
(Stephen SMITH, résumant le témoignage de Ruzibiza, in Le Monde, le 10/03/2004).

La nouvelle version présentée par Ruzibiza présente un avantage : s’il n’est pas lié à l’attentat, on comprend pourquoi le juge Bruguière n’a pas lancé de mandat d’arrêt contre celui qui constitue son principal témoin. En revanche, on attend les commentaires de ceux qui n’avaient pas bien compris la première version et leur appréciation éventuelle, concernant la valeur de ce témoignage... Celui qui fut exfiltré par la DGSE en 2003 à l’occasion de l’opération Artémis pour atterrir dans le bureau du juge Bruguière a par ailleurs déclaré qu’il avait décidé de « suspendre [sa] collaboration » avec ce dernier et qu’il n’était pas « une marionnette de la justice française » (Le Monde, 07/12)

Victor Sègre

Cet article a été publié dans Billets d’Afrique 154 - Janvier 2007
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