Survie

A fleur de presse : Françafrique

(mis en ligne le 1er février 2007) - Victor Sègre

AP, Faux dinars du Bahreïn : le tribunal correctionnel se déclare incompétent, 16/01 :
« Le tribunal correctionnel de Paris s’est déclaré mardi incompétent pour juger une affaire portant sur 350 millions d’euros de faux dinars du Bahreïn, quatre des huit personnes poursuivies l’étant pour des faits relevant de la cour d’assises. L’ordonnance saisissant la 12e chambre du tribunal visait les faits criminels de "transport, mise en circulation et détention de signes monétaires contrefaits ou falsifiés en bande organisée" et ceux, délictuels, de "blanchiment de fonds en bande organisée". Le président de la 12e chambre, Dominique Pauthe, a estimé qu’il ne pouvait disjoindre les deux séries de faits, ceux de blanchiment étant totalement liés à ceux mise en circulation de fausse monnaie. Le parquet s’était prononcé pour la disjonction des faits criminels. [...] Mardi, quatre des huit protagonistes de ce dossier étaient absents, l’un d’eux, Hassan Fadoul, ressortissant tchadien résidant au Togo, se voyant refuser un visa pour venir en France, selon son avocate, Me Marie-Laure Barré, malgré les interventions du président du tribunal et du ministère public. Me Barré avait plaidé un renvoi de l’affaire à une date ultérieure afin que M. Fadoul puisse obtenir les documents pour venir en France avant de se demander si ce refus de visa ne cachait "pas une volonté politique" au regard des longues relations franco-tchadiennes. M. Fadoul a affirmé lors de l’instruction avoir agi sur l’ordre du président tchadien Idriss Deby qui souhaitait financer sa campagne électorale. [...] L’enquête n’a pas identifié les véritables commanditaires de cette affaire sans précédent. »

En septembre 2004, Billets d’Afrique rappelait : « La sulfureuse affaire des "vrais-faux dinars de Bahreïn" a impliqué tout un pan de la Françafrique, de Kinshasa à N’Djaména, Niamey et Paris en passant par Rabat. Au minimum. Malgré l’ampleur de l’escroquerie, et le montant de fausse monnaie amené à Paris, la justice française reste très discrète. » Trois ans plus tard, force est de constater que l’on piétine toujours : le procureur s’obstine à vouloir saucissonner l’affaire et Hassan Fadoul (Voir Billet n°111 pour la reproduction de son témoignage recueilli par RFI), qui avait déjà été empêché de témoigner lors du procès « Noir Silence » intenté à François-Xavier Verschave, est de nouveau persona non grata devant un tribunal. Et il n’est pas certain qu’il n’y ait qu’Idriss Deby que l’on cherche à protéger...

Victor Sègre

Cet article a été publié dans Billets d’Afrique 155 - Fevrier 2007
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