Survie

Rwanda : Agathe Kanziga : une révélation inattendue

(mis en ligne le 1er février 2007) - Sharon Courtoux

Agathe Kanziga, la veuve de l’ancien président rwandais Juvénal Habyarimana, a été entendu par la Commission des recours des réfugiés (CRR) le 25 janvier (la CRR rendra sa décision le 15 février prochain). Lors de cette audience, le rapporteur de la CRR, Jan Koszmaluk, a révélé un élément d’information inattendu. Il a affirmé que le Tribunal pénal international pour le Rwanda (TPIR) a émis un mandat d’arrêt contre Agathe Kanziga maintenu sous scellés. Il existerait donc (forcément) un acte d’accusation contre Madame Kanziga.

La CRR est une instance judiciaire indépendante. Elle n’instruit pas des procès, mais des demandes d’asile, et prend ses décisions en fonction de « raisons sérieuses de penser ». En l’occurrence, elle affirme avoir des raisons sérieuses de penser qu’Agathe Kanziga a participé au génocide des Tutsi rwandais en tant qu’instigatrice ou complice.

La demande d’asile à l’Office français de protection des réfugiés et apatrides (OFPRA) a été déposée par Madame Kanziga le 8 juillet 2004. Cette demande a été rejetée implicitement le 10 septembre suivant (60 jours après le dépôt de la demande, qui est le délai légal à l’issue de laquelle le rejet est implicite). Le recours a été enregistré par le CRR le 19 mai 2005, l’OFPRA a officiellement rejeté sa demande d’asile le 4 janvier 2007.

Sharon Courtoux

Cet article a été publié dans Billets d’Afrique 155 - Fevrier 2007
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