Survie

TOGO : Le don que l’oeil de la justice ne verra sans doute pas

(mis en ligne le 1er mai 2007) - Raphaël de Benito

Les autorités togolaises annonçaient en 2006, pour une énième fois, un vaste projet visant à "moderniser" la justice de leur pays. Estimé à 15 millions d’euros (10 milliards de F.CFA), ce projet devrait être financé par des partenaires étrangers. Début avril, la France octroyait une subvention non remboursable de 2,5 millions d’euros (1,637 milliard de F.CFA) ; Environ un million d’euros (655 millions de F.CFA) serviront au financement de micro-projets de développement et le reste à cette douteuse « modernisation ».

Dans un pays dépourvu de toute justice, sinon arbitraire, on ne peut que se réjouir d’une telle initiative même s’il ne s’agit que de former les magistrats des deux cours d’appel de Lomé et Kara en matière de justice administrative. Souci cadet, la partie judiciaire attendra, comme d’ailleurs la formation de magistrats annoncée. On ne compte plus, en effet, les rapports d’ONG ou d’institutions internationales dénonçant l’impunité du gouvernement, les détentions arbitraires et la torture systématique , les meurtres politiques, l’immixtion de l’exécutif dans les affaires judiciaires (se reporter à notre communiqué de presse, [1]). Le dramaturge Marcel Achard disait, avec ironie : “ la justice coûte cher, c’est pour ça qu’on l’économise ”.

Raphaël De Benito

[1Depuis deux ans, les vitimes des très graves atteintes aux droits humains commises dans le cadre de l’élection présidentielle au Togo attendent que justice leur soir rendue. Ces violences ont entraîné la mort de plusieurs centaines de personnes et le déplacement de milliers d’autres dans les pays voisins.
Lire le communiqué de presse sur notre site : www.survie.org

Cet article a été publié dans Billets d’Afrique 158 - Mai 2007
Les articles du mensuel sont mis en ligne avec du délai. Pour recevoir l'intégralité des articles publiés chaque mois, abonnez-vous
Pour aller plus loin
a lire aussi