Survie

Dossier Françafrique. Bongo et Sarkozy, à tu et à toi

(mis en ligne le 1er juin 2007) - Odile Tobner

Omar Bongo Ondimba a été interviewé par le journaliste Christophe Boisbouvier, le 8 mai 2007 pour Radio France Internationale. Il s’agissait de ses rapport avec Nicolas Sarkozy, le nouveau président de la République française.
Voici quelques extraits :
Omar Bongo - "On se tutoie ! Puisque vous voulez être dans les secrets des parfums, hier [le 6 mai, jour de l’élection] il m’a même téléphoné. Bon, alors ! Si ça peut vous arrangez, voilà ! On se tutoie depuis 80 et quelque."
C. Boisbouvier - "C’est lui qui vous a appelé, dimanche soir ?"
O. Bongo - "Ben hé, hé hé..."
[…]
C. Boisbouvier - "Vous savez ce qu’à dit la gauche en France ces dernières semaines ? Il faut en finir avec les relations trop personnelles entre la France et l’Afrique, à l’image des relations entre Nicolas Sarkozy et Omar Bongo Ondimba."
O. Bongo - "Qu’est-ce que j’en ai à voir, moi ! La gauche n’a qu’à dire ce qu’elle a pas [?] dit. La gauche dit cela et la droite n’en pense pas moins. Mais la France est tellement... dans la droitisation des choses que la gauche parlera longtemps. En attendant, il est élu pour cinq ans. Et bien moi, le reste j’en ai qu’à à foutre, moi ! Ca ne me regarde pas, hein..."

C’est toujours un plaisir d’entendre Bongo parler. Il s’agissait de ses rapports avec Nicolas Sarkozy, nouveau président de la République française. Nous voici donc « au parfum », expression célèbre appliquée à Foccart dans l’affaire Ben Barka, reprise tant bien que mal par le président gabonais : Sarko et Bongo sont à tu et à toi depuis plus de vingt-cinq ans. Quant à la philosophie politique qui s’exprime avec élégance chez ce « sage » de l’Afrique, c’est : « j’y suis, j’y reste ! » et « cause toujours ! ». La simplicité même de l’éloquence du « parrain », comme il ne voulait pas qu’on l’appelle naguère.

Odile Tobner

Cet article a été publié dans Billets d’Afrique 159 - Juin 2007
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