Survie

Ils ont dit : Congo Brazzaville : Biens Mal Acquis

(mis en ligne le 1er septembre 2007) - Odile Tobner

"Si cette affaire n’avait pas quelques relents, disons de colonialisme, de néo-colonialisme, de racisme et de provocation gratuite, on l’aurait sans doute laissée mourir de son propre poison. […]"
Sassou Nguesso, dans la cour de l’Élysée, jeudi 5 juillet, répondant à propos de l’enquête ouverte par le parquet de Paris sur la provenance de ses biens en France.
Lorsque la journaliste qui lui posait les questions s’est étonnée et lui a fait observer que : " Les personnes qui ont porté plainte espèrent pouvoir récupérer les fonds avec la cession des biens qui se trouvent en France pour les rétrocéder aux Congolais. Donc vous qualifiez ça de racisme ? " M. Sassou a répondu : " C’est plutôt honteux et triste de traiter ce dossier là. Vous savez, en France, tous les dirigeants du monde ont des châteaux ou des palais, qu’ils soient du Golfe, d’Europe, ou de l’Afrique. On peut même s’étonner de voir que, de la manière la plus triste, on ait trouvé deux cibles sur lesquelles on voudrait tirer ".

La réaction du président Sassou Nguesso à l’ouverture de l’enquête, après la plainte pour recel de détournement de biens publics déposée par l’association « Sherpa », « Survie » et la « Fédération des Congolais de la diaspora », est pitoyable. L’allégation de racisme est grossière et facilement réfutée par la journaliste. Acculé, Sassou se compare aux autres chefs d’État, qui auraient tous des châteaux en France. Que ne compare-t-il la situation de pauvreté qui règne au Congo Brazzaville avec celle de ces autres pays !

Odile Tobner

Cet article a été publié dans Billets d’Afrique 161 - Septembre 2007
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