Survie

Un petit Pays qui se veut grand

(mis en ligne le 1er septembre 2007) - Sharon Courtoux

La France est un petit pays, qui s’étouffe dans ses contradictions. Comme tous les pays ? Peut-être…mais il a du mal à embrasser les défis qu’il se lance à lui-même. Des défis qui le mettent en demeure de devenir grand – pour exister. Quelle gageure ! Non, pas du tout, c’est tout simple.

Après avoir lu le discours de Nicolas Sarkozy à Dakar, j’ai rêvé l’avoir immédiatement rencontré pour lui dire comment son petit pays pourrait devenir grand. Il suffit d’assumer son passé, Monsieur le Président, le véritable passé, avec toutes ses scories. Sa reconnaissance agirait comme un désinfectant. C’est tout simple, avouez, et ce petit pays pourrait devenir grand. Enfin ! Le réveil a été douloureux. Point de rêve mais un cauchemar.

A défaut de convaincre le président français, il fallait espérer. Espérer que Bernard Kouchner saute dans un avion pour Kigali, démissionne du gouvernement en vol et dise au président rwandais : "je vais prendre le bus pour Butare, où je trouverai une voiture pour me rendre à Murambi [1]. J’ai quelque chose à dire aux victimes du génocide si vous me le permettez." Il pourrait alors se tenir devant les dépouilles des victimes et s’adresser à eux : "pardon". Il reprendrait alors l’avion du retour, et en atterrissant à Paris, il ferait partie de l’Histoire d’un grand pays.

Espérons.

Sharon Courtoux.

[1A Murambi, dans le sud du Rwanda à une demi-heure de voiture de la ville de Butare, sont exposés les ossements des victimes d’un des plus terrifiants massacres du génocide. Des troupes françaises installées à Murambi durant l’opération Turquoise sont accusées de graves crimes par de nombreux rescapés. Certains ont porté plaintes contre ces faits.

Cet article a été publié dans Billets d’Afrique 161 - Septembre 2007
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