Survie

Ad vitam æternam ?

(mis en ligne le 1er janvier 2008) - Odile Tobner

Cameroun, Yaoundé, 1er janvier 2008 (Reuters) - Le président Paul Biya, qui dirige le Cameroun depuis vingt-cinq ans, a fait part de son intention d’amender la Constitution pour lever une limitation qui le contraindrait à quitter le pouvoir en 2011.
Dans son allocution radiodiffusée de Nouvel An prononcée lundi soir, Biya a déclaré que le gouvernement « réexaminerait  » la Constitution en réponse à ce qu’il a présenté comme un souhait populaire de le voir se représenter à l’expiration de son mandat.
Biya avait déjà fait réviser la loi fondamentale en 1996 afin de porter le mandat présidentiel de cinq à sept ans, renouvelable une seule fois. Il a été élu en 1997 et réélu en 2004.
Le chef de l’Etat a déclaré qu’il n’avait « pas été insensible » à des appels en faveur d’une modification de la Constitution, « en particulier du paragraphe 2 de l’article 6 qui stipule que le président de la République est élu pour un mandat de sept ans, renouvelable une fois ».
Il a fait valoir que ces appels étaient « étayés par de très bonnes raisons parce que l’article 6 limite la volonté du peuple et est contraire à nos options démocratiques ».
Biya est arrivé au pouvoir en 1982 en tant que dauphin du président Ahmadou Ahidjo. De nombreux Camerounais contestent sa gestion de l’économie du pays.
Le taux de croissance est passé de 7% en 1982 à un taux de croissance négatif (-5%) en 1990 avant de se redresser un peu en 2006 (3,3%). Mais selon les détracteurs de Biya, ces résultats restent très inférieurs au potentiel du pays compte tenu de ses richesses agricoles, pétrolières et minérales.
En 1998 et 1999, Transparency International a placé le Cameroun en tête des pays les plus corrompus.
Tansa Musa

Cette dépêche de l’agence Reuters est tout à fait substantielle avec son « understatement » d’un humour tout britannique dans la citation des propos de Biya glorifiant la « démocratie  ». Les conseillers notamment français de Biya ont donc, une fois de plus, réussi à promouvoir la stabilité au Cameroun. Encore un effort et le Cameroun sera définitivement immobile sous les griffes d’une oligarchie gonflée de son sang.

Odile Tobner

Cet article a été publié dans Billets d’Afrique 165 - Janvier 2008
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