Survie

Michel Rocard : « La Françafrique m’a empoisonné la vie »

(mis en ligne le 1er mars 2008) - Odile Tobner

Michel Rocard, ancien 1er ministre et membre socialiste du Parlement européen dans une interview parue, le 14 février, dans le magazine Les Afriques, hebdomadaire édité à Genève et spécialiste de la finance africaine : "La Françafrique m’a empoisonné la vie. J’ai parfois tenté d’empoisonner la sienne, mais elle a la vie dure".

Revenant sur les relations entre Paris et le continent africain, il a estimé que "nous avons commis l’erreur de croire que la démocratie c’était seulement le multipartisme et les élections." Ajoutant : "Résultat, nous avons permis à des dictatures de se maintenir au pouvoir plus longtemps en simulant des élections pour faire plaisir aux bailleurs de fonds".

S’agissant du soutien aux PME africaines, permettant de "créer des emplois", Michel Rocard plaide pour la "rupture avec le système de corruption", mais "pas de manière dogmatique".

"Je pense qu’une tolérance de l’ordre de 10% de corruption est un mal nécessaire pour faire avancer les choses", a-t-il suggéré.

Personne ne s’est montré moins dogmatique que Michel Rocard. Il a poussé ce non dogmatisme jusqu’à choisir comme ami le grand Africain Mobutu jusqu’à se faire rémunérer par Jacques Séguéla pour aider le président camerounais Paul Biya à faire sa communication. Quand aux 10 % de corruption "hors dogmatisme", quelle est cette étrange donnée politique et économique.

Comment mesurerons-nous cela ?

Odile Tobner

Cet article a été publié dans Billets d’Afrique 167 - Mars 2008
Les articles du mensuel sont mis en ligne avec du délai. Pour recevoir l'intégralité des articles publiés chaque mois, abonnez-vous
a lire aussi