Survie

Florilège du colloque du 7 mai

(mis en ligne le 1er juin 2008) - Pierre Rohman

 « Le français est une langue de travail pour nous, les militaires. C’est un facteur de sécurité. Le français développe des éléments sécurisants. C’est un vecteur de dialogue, d’apaisement, qui respecte les particularismes locaux. L’anglais est plus manichéen. Le français est la langue privilégiée du maintien de la paix. » Général Beth,
Directeur de la coopération militaire et de Défense au Ministère des affaires étrangères

Les militaires suédois qui ont dénoncé leurs petits camarades français de l’opération Artémis pour les actes de torture en RDC dont ils avaient été témoins n’avaient peut être pas compris toutes les nuances de cette langue de pacification

« J’ai mis du temps à comprendre pourquoi la France a été si lente à comprendre les enjeux du pays et les problèmes posés par sa coopération militaire au Rwanda, pourquoi elle a mis autant de temps à nouer contact avec le FPR. Un ministre de Mitterrand m’a parlé du complexe de Fachoda, qui correspondait à la vision du Président, une idée très véhiculée par les notes déclassifiées. On voyait en lui une rébellion anglophone, prête à sacrifier les Tutsi francophones. La France s’est trouvée au cœur du conflit. Si nous ne tenions pas les fusils contre le FPR, nous expliquions comment l’utiliser pendant les combats. » Bernard Cazeneuve,
député, rapporteur de la mission d’information sur le Rwanda de 1998

Pourtant, instruire des futurs génocidaires dans la langue de Molière, c’est quand même autre chose que dans une langue « manichéenne », aurait pu lui répondre le Général Beth.

Cet article a été publié dans Billets d’Afrique 170 - Juin 2008
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