Survie

Angolagate

(mis en ligne le 1er septembre 2008) - Raphaël de Benito

Question de très mauvaises habitudes, le pouvoir politique a fâcheusement tendance à mettre sous pression l’institution judiciaire dans les dossiers françafricains. Dans l’affaire de l’Angolagate, dans laquelle 42 prévenus seront jugés à partir du 6 octobre dont Pierre Falcone et son associé Arcadi Gaydamak. Les deux hommes distribuaient de généreuses rétrocommissions dans cette affaire de ventes d’armes illégales à, entre autres, Charles Pasqua, Jean-Christophe Mitterrand, Jacques Attali, Jean-Charles Marchiani, Paul-Loup Sulitzer et Georges Fenech. Le coup d’envoi avait été donné à Luanda, le 23 mai, par Nicolas Sarkozy qui évacuait le procès à venir : « Nous avons décidé de tourner la page des malentendus du passé ». Deuxième couche le 11 juillet. Dans une lettre adressée à l’avocat de Pierre Falcone, Hervé Morin affirme que le trafic d’armes n’est pas constitué puisqu’elles n’ont pas transité par la France. Ce n’était pas l’avis de son homologue sous Jospin, Alain Richard, qui avait déposé la plainte. C’est vrai que la fâcherie dure depuis trop longtemps avec le désormais premier producteur pétrolier d’Afrique !

Cet article a été publié dans Billets d’Afrique 172 - Septembre 2008
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