Survie

À fleur de presse

(mis en ligne le 1er novembre 2008)

Le Canard enchaîné du 29 octobre relève : « Dans la nuit du 21 au 22 octobre, l’Assemblée (clairsemée) a voté un amendement proposé par […] Frédéric Lefebvre. Cet amendement crée un « avantage fiscal » pour les « particuliers et entreprises qui souscrivent au capital des sociétés de financement du développement (Sofidev). » Et le volatile commente : « En Afrique principalement. Bénéficiaire potentiel de cette future niche : le groupe Bolloré […] Espérons que Vincent Bolloré a chaudement remercié son ami le Président. »
L’idée initiale était de défiscaliser les sommes que les Africains de la diaspora envoient au pays. Mais exit les placements dans les entreprises des pays concernés. Cependant on s’est gardé de prendre le modèle des investissements dans les DOM-TOM, qui profite effectivement aux particuliers qui y acquièrent des biens et développent ainsi la valeur foncière.
La création des Sofidev enlève toute initiative aux épargnants modestes. C’est un cadre idéal par contre pour les entreprises françaises qui exercent en Afrique. Défiscalisés à hauteur de 50 % (25 % pour les particuliers) les bénéfices qu’ils investiront en Afrique verront doubler la rentabilité déjà exceptionnelle (20 % en moyenne) de capitaux qui ne font qu’un petit tour en Afrique, juste le temps de s’enfler, avant de repartir bien vite se mettre à l’abri dans les paradis fiscaux. Qui a dit que la France n’avait pas besoin de l’Afrique ?

Cet article a été publié dans Billets d’Afrique 174 - Novembre 2008
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