Survie

À propos des accords d’Arusha

(mis en ligne le 1er novembre 2008) - Emmanuel Cattier

Les autorités françaises ont toujours prétendu qu’elles avaient appuyé, presque porté, les accords d’Arusha pour faire aboutir la paix au Rwanda dans la période précédant le génocide. Une analyse vient renverser la lecture que l’on doit faire de ce « soutien de la France » aux accords d’Arusha. Le premier accord d’Arusha, le cessez-le-feu du 12 juillet 1992, comportait des clauses qui impliquaient une modification radicale de la politique française au Rwanda à partir du 31 juillet 1992, date de son entrée en vigueur : le retrait du Rwanda des troupes de l’opération Noroît et la cessation des livraisons d’armes au gouvernement rwandais.
Les livraisons d‘armes managées par la France ont continué après cette date, y compris pendant le génocide après l’embargo décrété par le Conseil de sécurité. Le retrait des troupes de Noroît n’a été effectif qu’à partir de l’arrivée de la Minuar, soit dix-huit mois plus tard. Il apparait même que, ces deux points devaient probablement être respectés dès mars 1991, date du cessez-lefeu de N’Sele.
D’autres points importants de cet accord de juillet 1992 n’ont pas été respectés par la France. Il en résulte que la France n’a respecté aucun des points qui la concernaient pendant les négociations d’Arusha, a bafoué la signature de son allié rwandais et l’a donc encouragé à considérer cet accord comme un « chiffon de papier  ».
Cette analyse, qui s’appuie sur le texte de l’accord, des articles de l’époque, le rapport des députés français, celui de la Commission d’enquête citoyenne (CEC) et sur des documents de l’Élysée, montre aussi que les députés ont présenté en 1998 un rapport gravement falsifié à ce sujet. Cette analyse est accessible sur le site de CEC : www.enquete-citoyenne-rwanda.org

Emmanuel Cattier

Cet article a été publié dans Billets d’Afrique 174 - Novembre 2008
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