Survie

Au-delà de la honte

(mis en ligne le 1er novembre 2008)

La situation dans l’est du Congo, dans la province du Kivu, est une honte pour l’ONU. La Monuc, forte de 17 000 soldats, censée protéger les populations de cette province où les hostilités n’ont pas cessé depuis plus de dix ans s’est illustrée par divers scandales mais jamais par sa capacité à faire régner un ordre quelconque, malgré son coût annuel d’un milliard de dollars. Son dernier commandant, le général espagnol Vicente Dias de Villegas, nommé le 25 août, a démissionné le 28 octobre.
La situation au Kivu est également une honte pour le gouvernement de la République démocratique du Congo, incapable d’assurer l’autorité de l’État dans cette province, incapable surtout de contrôler l’armée gouvernementale, les Fardc, qui s’illustrent par leurs exactions contre la population civile et s’enfuient devant les bandes armées. La population du Kivu, où les victimes des guerres qui font rage depuis plus de dix ans se comptent par millions, où plus d’un habitant sur quatre est déplacé et a perdu tous ses biens, vit son martyre dans l’indifférence des autres pays, parce que sa cause n’est utile à aucun lobby de politique internationale, parce que les intérêts des multiples exploiteurs du Congo trouvent leur compte dans le désordre général. On constate, une fois de plus, que le mélange mortel des ambitions et des haines ethniques, ajouté à la convoitise pour un sol trop riche, aboutit à un désastre humanitaire que les crocodiles de tous les marigots politiques n’auront pas honte d’exploiter.

Cet article a été publié dans Billets d’Afrique 174 - Novembre 2008
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