Survie

Meilleurs vœux

(mis en ligne le 1er février 2009)

C’est en souhaitant ses vœux à la nation que le président sénégalais Abdoulaye Wade a reconnu le 31 décembre dernier que des « erreurs » avaient été commises dans la gestion des finances publiques en 2007 et 2008. Un euphémisme à l’écoute de la suite de son intervention : « ces erreurs cumulées sont à la base de la dette de l’Etat due au secteur privé d’un montant d’environ 174 milliards CFA » (265 millions d’euros). Selon les estimations des bailleurs de fonds, cette dette intérieure s’élève à 225 milliards de FCFA (342 millions d’euros), soit plus de 13% du budget 2009. Mais il a tenu à rassurer : « On n’a trouvé nulle part trace de malversation ou de corruption ». On est prié de le croire mais les doutes sont bien réels quand il poursuit « ce sont des avances hors budget » ! « C’est dans ces conditions que nous avons sollicité et obtenu de la France un crédit de 87 milliards CFA (125 millions d’euros), geste qui atteste de notre solvabilité (…) », (Billets d’Afrique n°176, janvier 2009). Tout cela n’était pas si grave, un coup d’ardoise magique : « Les ministres comme les agents des services décentralisés ont été invités à éviter ces pratiques qui, à l’avenir, seront immédiatement sanctionnées », a-t-il averti tout en admettant que depuis son arrivée au pouvoir en 2000, « c’est la première fois que le Sénégal se trouve dans une pareille situation ».

Cet article a été publié dans Billets d’Afrique 177 - Février 2009
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